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Séminaire des DT

La fédé "on air" !

Le 16 mars dernier, les directeurs techniques et les formateurs fédéraux avaient rendez-vous… derrière leur écran ! Car c’est à distance que leur séminaire national s’est déroulé, le siège social de la FFP, situé rue de Fécamp à Paris, ayant été transformé pour l’occasion en studio de visio-conférence.

Par Bruno Passe

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Activité et formations : baisse à tous les étages
Le “CQP vidéo” au ralenti
Qualification caméra embarquée
Wingsuit : rappel à l’ordre
Brevet B et modification de la DT 49
Accidentologie
Questionnaire sur la sécurisation de l’activité
Conclusion

Rappelons que l’objectif de ce séminaire est de pallier à l’absence du colloque technique et de la convention parachutiste, dont la dernière édition remonte à janvier 2020. C’est pour cela qu’il a été pensé dans un format réduit et à l’attention exclusive des DT d’écoles agréées, ou de leurs adjoints, et des formateurs fédéraux.

La FFP comptait d’abord l’organiser sur deux jours mi-janvier 2022, au CREPS PACA, mais suite aux mesures nationales de restrictions, toujours en vigueur à cette période, il a été reporté mi-mars, avec l’espoir qu’il puisse se dérouler en “présentiel”. Mais la saison ayant repris, il était devenu compliqué pour certains moniteurs de se déplacer, même en semaine.

C’est pour cette raison que, finalement, il s’est tenu en “visio-conférence”, et sur une seule journée, le 16 mars dernier, soit deux jours seulement après le séminaire des plieurs (voir article “Séminaire des plieurs de secours, première édition à Gap-Tallard”), qui s’était déroulé en “présentiel” dans les locaux de France Parachutisme, à Gap-Tallard.

Au programme du “webinaire” des DT : bilans des formations, point sur la pratique wingsuit et modification de la DT49, point sur CQP vidéo et caméra embarquée, enquêtes & bilan accidents graves et mortels 2020-2021, accidentologie en chute et sous voile du 1er saut au BPA, etc.

Certains de ces contenus, notamment les bilans et statistiques sont en principe disponibles auprès des centres agréés par la fédération. En dehors des sujets parfois très spécifiques, nous allons revenir ici sur certains de ceux qui sont susceptibles d’intéresser la majorité des pratiquants.

 

Pour commencer “comme si vous y étiez”, voici l’ouverture du séminaire et la présentation de l’ordre du jour en visio-conférence par Jean-Michel Poulet, directeur technique national (voir vidéo ci-dessus). L’extrait commence juste après que le DTN ait souhaité la bienvenue et le bonjour aux 64 participants connectés, et juste avant qu’il passe la parole à Yves-Marie Guillaud, président de la FFP, afin qu’il fasse de même.

 

Activité et formations : baisse à tous les étages

Franck Cotigny et Frank Mahut ont présenté, comme à chaque colloque, les bilans des formations fédérales et des formations d’état (FCT, moniteurs fédéraux, CQP, BPJEPS Trad, PAC et tandem) et les changements à prévoir. Il s’agit principalement de certaines conditions d’entrée en formation et de renouvellement.

Franck Cotigny, conseiller technique national.

Sans grande surprise, les statistiques sont à la baisse depuis la crise sanitaire, mais des dispositions particulières d’adaptation ont été prises : décalages des séquences de formation, report du nombre minimum de sauts annuel grâce à la mise en place de l’arrêté du 18 mai 2020 portant adaptation de l’autorisation annuelle d’exercer du titulaire des BEES et BPJEPS pour faire face à l’épidémie de covid-19.

Le cursus 2020 et 2021 a permis d’accueillir 46 stagiaires dans un calendrier modifié et adapté entre les annulations et les reports. Il a permis de diplômer 13 moniteurs trad, 26 moniteurs PAC et 27 moniteurs tandem.

Un point de situation au 14 mars 2022 a été présenté. 407 moniteurs sont recensés représentant 723 qualifications trad/PAC/tandem. La proportion de renouvellement (au 14/03/2022) est :
● 10% non renouvelés depuis 2020,
● 32% pas encore renouvelés pour 2022,
● 58% renouvelés jusqu’au 31/12/2022.

Les détails des renouvellements par genre a été exposé, pour la PAC cela donne :
● 251 qualifiés,
● 6% non renouvelés depuis fin 2020,
● 29% pas encore renouvelés pour 2022,
● 65% renouvelés jusqu’au 31/12/2022.

Et pour le tandem :
● 344 qualifiés,
● 6% non renouvelés depuis fin 2020,
● 35% pas encore renouvelés pour 2022,
● 59% renouvelés jusqu’au 31/12/2022.

Un point a également été présenté sur l’évolution du nombre des brevets, des licenciés et des volumes de sauts. Afin de ne pas se laisser aveugler par la baisse de ces deux dernières années, essentiellement liée à la crise sanitaire, les graphiques ont été réalisés sur 10 à 15 ans en arrière, en voici quelques exemples :

Le récapitulatif final est assez édifiant, que ce soit sur dix ans (croquis ci-dessus)  :
● Volume de sauts : – 23 %
● Volume d’activité école : – 25 %
(PAC  – 11% et Trad – 75 %)
ou sur sept ans (croquis ci-dessous)  :
● Nombre de pratiquants (sautants) : – 18%
● Nombre de pratiquants tandem : + 17,3 %

 

Le “CQP vidéo” au ralenti

Créé en 2013, son vrai nom est “CQP opérateur vidéo en tandem”. Pour rappel, le CQP (certificat de qualification professionnelle) valide une qualification qui permet, dans le cadre fédéral, de filmer contre rémunération des baptêmes en tandem.

C’est une formation inscrite au RNCP (répertoire national des certifications professionnelles). Les détenteurs dépositaires de cette formation sont le CPNEF (commission paritaire nationale emploi et formation sport) et l’OC Sport (organisme certificateur de la branche sport).

Mais depuis 2019, c’est France Compétences qui valide l’inscription au RNCP de cette CQP. Qu’est-ce que France Compétence ?

Créée en janvier 2019 en application de la “loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel” du 5 septembre 2018, France Compétences est une institution publique. Elle est l’autorité nationale unique de régulation et de financement de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

L’objectif de sa création est de confier la gouvernance de la formation professionnelle à une seule entité, auparavant cette gouvernance était éclatée entre un conseil national (CNEFOP), un comité paritaire (COPANEF) et un fonds paritaire (FFSPP). Cette réforme a été accueillie avec des réserves, les partenaires sociaux considéraient que l’État prenait trop d’importance dans les instances mises en place, à leur détriment.

Début 2022, au moment du renouvellement du “CQP vidéo”, France Compétence a refusé son inscription au RNCP pour cause de non-conformité avec les critères édictés par la loi.

Coup dur pour les parachutistes : Il reste 60 candidats, dont 45 actifs avec licence et une dizaine sans convention. Patrice Girardin a expliqué comment la FFP tente de faire face à cette situation. Les inscrits avant juin 2021 le sont toujours pour cette qualification et, pour eux, la fédération compte terminer le cycle par trois sessions en mai et juin.

Comme le besoin persiste, la fédération cherche à faire intégrer la certification au RS (répertoire spécifique, à finalité professionnelle), mais les délais sont longs : huit mois d’instruction.

La FFP relance donc une formation en parallèle, sur le principe d’une qualification fédérale de type BOPVT (brevet d’opérateur photo vidéo tandem). La structure serait la même : déclaration de mise en conformité par l’école, signature d’une convention entre l’école, le candidat et la FFP, envoi d’un livret de formation.

Le programme serait légèrement différent, mais il resterait mis en œuvre par le tuteur et le DT, avec validation finale par la FFP, dans le cadre du BOPVT ou par jury, si c’est le répertoire spécifique qui aboutit.

Tout ceci était présenté au conditionnel durant le colloque, car en première étape, le projet doit être validé par les élus fédéraux.

Des explications supplémentaires sur le rejet par France Compétence ont également été données de vive voix, sans apparaître sur la présentation officielle… Car France Compétence est également en charge d’évaluer la capacité d’une formation à produire du retour à l’emploi. Sachant qu’il existe actuellement 450 titulaires de ce CQP spécifiquement parachutiste, que la moitié d’entre eux n’a pas répondu au questionnaire d’évaluation de France Compétence et que 75% de ceux qui ont répondu déclarent qu’ils ne retirent pas de rémunération de cette activité, qui serait donc bénévole, faut-il être vraiment être surpris de la décision de l’institution ?

 

Qualification caméra embarquée

La technique de la “caméra embarquée” consiste à installer une mini-caméra sur une partie du corps du pilote/moniteur tandem, avec un réglage “grand angle” qui lui permet de filmer lui-même l’action, à la façon d’un selfie. Au niveau mondial, c’est sur la main ou sur le poignet que la plupart des montages sont installés. En France, dans les années 2010, il est apparu en parallèle un système de perche qui s’est bien développé.

Patrice Girardin a présenté le projet de qualificationsur lequel travaille la FFP et qui concerne les montages sur la main ou sur le poignet. Ce projet correspond à une demande de la commission des DT. Une phase de test a été réalisée sur trois centres pilotes, sous le contrôle de leurs DT respectifs. Là aussi, le projet doit être validé par les élus fédéraux.

Deux exemples de montage pour caméra embarquée.

Ce serait une qualification fédérale complémentaire des diplômes d’État permettant la pratique du parachutisme biplace tandem dans les structures FFP. Elle ne se substituerait pas au CQP ni au brevet fédéral photo/vidéo en tandem.

La formation traiterait des aspects techniques et de la sécurité. La partie montage vidéo et relation commerciale n’entrerait pas dans son champ d’action, ces parties resteraient sous la responsabilité des structures (pour les moniteurs salariés) ou sous la responsabilité individuelle de moniteurs indépendants.

Dans le cadre fédéral, l’utilisation de la caméra embarquée serait présentée comme un complément à la prise de vue externe, afin d’enrichir le montage final, ou lorsque les circonstances ne permettent pas d’assurer cette prise de vue externe (indisponibilité de l’opérateur). L’argument supplémentaire serait que le baptême en tandem est une expérience unique, qu’il est important de pouvoir en rapporter un souvenir.

Des prés requis seraient imposés aux candidats moniteurs tandem : 500 sauts minimum en tandem dont 80 dans les douze derniers mois, deux sauts solos avec le dispositif de prise de vue qui sera ensuite utilisé durant la formation. Cette expérience requise avant le début de la formation serait justifiée par l’augmentation de la charge de travail et d’attention générée par l’utilisation d’un tel système.

Pour le lancement en 2022, la mise en place de la qualification s’adresserait aux BPJEPS pratiquant avec la qualification para pro ou ayant pratiqué sous la responsabilité d’un DT. La compétence serait validée par le DT sous la forme d’une attestation “d’utilisation d’une caméra embarquée”, à transmettre à la DTN pour approbation.

Après 2023, les compétences acquises dans le domaine de la caméra embarquée par le biais d’autres qualifications (para pro, étranger, militaire) seraient étudiées et toujours soumises à validation par la DTN.

Le programme de formation a été mis au point avec les trois centres support, la commission des DT et la DTN. Il serait à envoyer pour mise en œuvre par les 18 formateurs identifiés comme suit : Cédric Battedou, Lionel Barret, Patrice Bourdy, Clément Broca, Sylvain Degorter, Pierre Desmet, Marin Ferré, Nicolas Goutin, Jérôme Hamon, Julien Iacomeli, Jean-Pierre Knaff, Lucas Maccaferri, Kevin Mansion, Raphaël Plantin, Serge Savin, David Touzeau, Théo Verry, David Vincent.

Le référent auprès de la DTN est Patrice Girardin. Le renouvellement serait annuel et simultané à la qualification tandem. La FFP précise que si des dérives venaient à être constatées, elle se réserverait le droit de suspendre cette qualification.

Wingsuit : rappel à l’ordre

Depuis quelques années, la pratique de la wingsuit se développe en France, que ce soit en loisir, comme le montre la courbe d’évolution du nombre des brevets délivrés (voir ci-dessous le graphique “Évolution du nombre de brevets wingsuit cat.1, 2 et 3”) comme en compétition, avec la mise en place récente de la première coupe de France puis du premier championnat de France.


Ce développement va de pair avec certaines difficultés, plus une augmentation des incidents et du risque d’accident. Un point de situation sur ces difficultés a été de nouveau présenté, dans la continuité du précédent colloque :
● Souvent pas d’adéquation entre le niveau technique du pratiquant et le matériel, ce qui implique un nombre de libérations important. -> Toujours vrai !
● Voilure et ligne d’extraction parfois inadaptées. —> Nette amélioration
● Combinaison parfois inadaptée au regard du niveau du pratiquant. —> Toujours vrai !
● PDS plus difficile en wingsuit qu’en sauts standards. —> Ce sera toujours vrai ! (sauf évolution du matériel)
● Vols en groupe non maitrisés (déventements, trajectoires non maîtrisées, sorties d’avion). —> Du mieux, mais toujours vrai !
● Risque de conflit de trajectoires entre l’aéronef et le/les wingsuits. —> Amélioration mais insuffisant
● Pratique illicite de “fly by”.
● Initiateurs wingsuit pas assez rigoureux. —> De plus en plus d’incidents sont liés à cette problématique.

Sur ce dernier point des obligations liées à la qualification d’initiateur wingsuit, le DTN a fait un rappel à l’ordre par courrier personnalisé à leur l’attention. Ce courrier fait état de “qualifications concernant la pratique de la wingsuit (niveau 1, 2 ou 3) qui sont délivrées sans respecter les minimas de sauts requis dans la DT 49.” Car des incidents en wingsuit sont régulièrement rapportés à la fédération. “La plupart sont liés à la difficulté des pratiquants à maîtriser leurs combinaisons pendant le vol” explique le DTN qui demande “de respecter les temps d’apprentissage, les contenus de formation et les minimas réglementaires décrits dans la DT 49.” La lettre de rappel se conclut fermement : “Tout manquement aux obligations liées à votre fonction d’initiateur wingsuit peut faire l’objet de sanctions fédérales pouvant aller jusqu’au retrait de votre qualification d’initiateur et/ou de vos brevets wingsuit.”

Ce que la lettre ne dit pas, mais qui a été clairement expliqué par oral durant le séminaire, c’est que parmi les initiateurs qui sont trop souples sur des passages de niveaux, certains sont aussi revendeurs de combinaisons. Cela peut “troubler” leur clairvoyance dans la capacité de leurs élèves à utiliser des combinaisons techniquement plus performantes, et faisant potentiellement l’objet d’un futur achat.

La lettre de rappel à l’ordre fait aussi référence au flash sécurité n°18.1383 du 15 octobre 2018 qui concerne la gestion de la séparation en vol entre pratiquants(s) de wingsuit et aéronef en descente. Avant de détailler, schéma à l’appui, la liste des actions à réaliser des deux côtés, pilote et parachutiste, il est précisé qu’ils doivent obligatoirement se concerter avant chaque largage afin de définir les secteurs de vol respectifs. Il s’avère que certains pilotes (d’aéronef) se montrent peu coopératifs en ce qui concerne la gestion des secteurs de vol.

 

Brevet B et modification de la DT 49

Seules les capacités en chute et sous voile apparaissaient dans le brevet B, les capacités de pliage et d’auto vérification sont ajoutées dans la nouvelle version de la directive technique n°49 du 25 mars 2022.

“C’est une clarification nécessaire et importante afin de faire le lien avec la DT 53 et de mettre en conformité la formation des élèves.” a précisé le DTN Jean-Michel Poulet (N.D.L.R. : La DT 53 est relative au pliage des parachutes principaux individuels et tandem).

Pour les capacités de pliage, le nouveau module intitulé “Bp” affiche les objectifs suivants :
– déceler une voile emmêlée,
– détecter un élément détérioré afin de le signaler,
– réaliser correctement les différentes étapes du pliage,
– connaître les points essentiels de vérification lors du pliage.
Les critères d’évaluation sont dans la réalisation d’un pliage complet sous le contrôle d’un moniteur.

Pour les capacités d’auto vérification (post brevet B), le nouveau module intitulé “Cav” et dont l’objectif est de vérifier seul son propre pliage, affiche les critères d’évaluation suivants :
– être capable de citer les erreurs courantes parfois commises lors du pliage et leurs conséquences possibles,
– démontrer sa dextérité au pliage,
– lors d’un pliage, citer et réaliser les différentes étapes de vérification et les points à contrôler (DT n°54).

Les modifications concernant le brevet B apparaissent en bleu et en page 7 de nouvelle mouture de la DT 49. À noter que le brevet B complet ne peut être obtenu qu’après avoir validé les 3 modules «en chute», «sous voile» et «pliage» (Bc, Bv, Bp). L’auto-vérification au pliage ne fait pas partie de ces prérogatives pour obtenir le brevet B. Elle peut être validée, ou non, après l’obtention du brevet B.

La nouvelle mouture de la DT 49 porte également sur la révision de formation pour le brevet A (voir en page 5 et annexe 3).

La version modifiée de la DT 49 a été validée par le comité directeur du 25 mars 2022, elle annule et remplace la version du 24 février 2021 et elle est applicable dès le 1er avril 2022.

Accidentologie

Après avoir présenté les chiffres statistiques des déclarations FIR, Franck Cotigny a présenté une synthèse sur l’accidentologie. Elle montre ceci :
● Proportionnellement au nombre de pratiquants, les femmes ont sensiblement plus de risque de se blesser que les hommes.
● Les accidents sont plus nombreux en deuxième partie de matinée.
● Les accidents sont deux fois nombreux quand le vent est faible.
● Plus le pratiquant est débutant, plus il a de risque de se blesser.
● 1 accident sur 2 est avec la radio. Ce qui est logique puisque plus le pratiquant est débutant, plus les risques de se blesser sont importants.

Frédéric Rami est intervenu sur le sujet des enquêtes et bilan des accidents graves et mortels survenus en 2020 et 2021. Il a expliqué qu’une enquête administrative est systématiquement ouverte en cas d’accident mortel, et qu’elle peut être également ouverte dans certains cas d’accident grave. Il a décrit dans les grandes lignes ce qui se passe durant ce type enquête, de quoi rappeler pourquoi il est nécessaire “d’être dans les clous” en toutes circonstances…

Durant ces deux saisons 2020 et 2021 hors du commun à cause de la crise sanitaire et des blocages de l’activité, il y a eu trois accidents mortels. Et l’année 2020 a été chargée en accidents graves avec six cas dont un ayant généré une enquête administrative :
● Juin 2020. Homme, 35 ans, 850 sauts. En courte finale, freine la voile aux élévateurs arrières. Un élévateur lui échappe des mains, percute un agrès métallique. Pas d’enquête administrative ouverte.
● Juillet 2020. Femme, 39 ans, 250 sauts. Arrondi trop haut, décrochage, fracture C12. Pas d’enquête administrative ouverte.
● Juillet 2020. Homme, 36 ans, 70 sauts. PDS incomplète (libération d’un seul élévateur). Ouverture secours par l’ouvreur automatique. Atterrissage dans les arbres. Pas d’enquête administrative ouverte.
● Juillet 2020. Homme, 30 ans, 1320 sauts, CQP vidéo, init VR, MF en formation. À une quinzaine de mètres du sol, bras hauts, la voile décroche par l’arrière droit. Fractures aux jambes et aux vertèbres. Enquête administrative ouverte.
● Août 2020. Homme, 48 ans, 1200 sauts. Virage bas à l’élévateur avant, impact le sol dans le virage. Pas d’enquête administrative ouverte.
● Août 2020. Homme, 57 ans, 320 sauts, formé à l’étranger. PDS mal exécutée, voile principale non totalement libérée, interférence avec la voile de secours. Posé à grande vitesse dans un jardin. Fracture cheville. Pas d’enquête administrative ouverte.

L’année 2021 a connu trois accidents graves dont un ayant généré une enquête administrative :
● Mai 2021. Homme, 43 ans, 1100 sauts. Collision en chute lors d’un saut de track, perte de connaissance à l’impact. Absence de séquelle physique. Non-respect des règles de sécurité. Sanctions fédérales du DTN pour les deux personnes impliquées qui sont par ailleurs initiateurs. Pas d’enquête administrative ouverte.
● Août 2021. Homme, 34 ans,430 sauts. Virage bas près du sol. Fracture ouverte fémur, fracture tibia péroné, traumatisme crânien. Absence de séquelle. Pas d’enquête administrative ouverte.
● Août 2021. Collision sous voile de deux élèves PAC. Procédure de secours, interaction entre voilure principale et de secours, impact violent à l’atterrissage. Séquelles graves. Enquête administrative ouverte.

Enfin, voici la liste et la description succincte des trois accidents mortels survenus en 2020 et 2021 :
● Septembre 2020. Homme 38 ans, CQP vidéo et plieur de secours. Virage rapide près du sol.
● Octobre 2021. Homme 24 ans, 1026 sauts, parachutiste professionnel depuis 4 mois. Percute le sol à la fin d’un virage de 360° effectué à l’élévateur avant. Cinq secondes entre le début du virage et l’impact au sol.
● Novembre 2021. Saut hors structure FFP. Largage près du relief, deux personnes disparues. Enquête administrative en cours.

 

Questionnaire sur la sécurisation de l’activité

Le “groupe de travail technique et directeurs techniques” est composé de sept DT et deux élus référents, il est animé par Raphaël Plantin. Durant l’hiver 2021-2022, le groupe a préparé un questionnaire bien étoffé sur la sécurisation de l’activité : “Comment réduire l’accidentologie en chute et sous voile, du 1er saut au BPA”.

57 structures affiliées en 2021 à la FFP ont été sollicitées pour l’enquête, 45 ont répondu. Durant le colloque, une bonne partie de l’après-midi a été consacrée aux retours reçus sur ce questionnaire, sur la base du document de synthèse envoyé au préalable à tous les participants, et sous la forme d’une analyse et d’un débat d’échanges et questions en visio, avec les DT participants.

Parmi les sujets abordés, trop nombreux et intéressants pour les aborder tous ici, en voici une sélection ci-dessous.

La méthode “Trad” (méthode traditionnelle)
Sur les 45 écoles qui ont répondu à l’enquête, 20 proposent la méthode traditionnelle soit 44%. L’enquête confirme que ces dernières années, le volume d’élèves en ouverture automatique a considérablement diminué. Cela s’explique principalement par l’attrait de la méthode PAC, mais certains facteurs accélèrent ce phénomène en parallèle. Le choix de l’avion en fait partie, lorsqu’il est inadapté à la méthode “trad”. C’est le cas pour les écoles qui se tournent vers le Cessna “Caravan”.

Autre facteur qui impacte la pratique : la disparition des fabricants français de parachutes, on retrouve ici un sujet déjà abordé lors du séminaire des plieurs de secours. Or ces matériels français sont majoritairement équipés d’extracteur à ressort avec SOA ou de pochette hand-deploy pour ouverture automatique. Les écoles françaises étant contraintes d’importer du matériel étranger pour leurs élèves, plus particulièrement des États-Unis où le système direct bag est majoritaire, l’enseignement français est progressivement en train de s’orienter vers ce système, qui s’impose donc par la conjoncture.

La méthode “PAC” (progression accompagnée en chute)
Sur les 45 écoles qui ont répondu à l’enquête, 40 proposent la progression accompagnée en chute, soit 89%.
75 % de ces écoles évoquent la problématique de l’âge de diverses façons qui sont exposées dans le document de synthèse.
Elles se positionnent favorablement sur la mise en place d’une limite d’âge, malgré la notion de discrimination que cela engendre et l’interdiction qui en est faite.

Le pliage des élèves
Parmi les écoles ayant répondu au questionnaire, 38% ont mis en place un espace dédié pour le pliage et 45% mettent en place une personne désignée pour le suivi du pliage des élèves. Sept écoles ont jumelé les deux  : zone dédiée aux élèves et personne désignée pour le suivi.

La wingsuit
Retour sur le nombre de sauts que représente cette discipline dans les structures ayant répondu au questionnaire :
Aucun : 3
Entre 1 et 10 : 5
Entre 10 et 40 : 9
Entre 100 et 200 : 4
Entre 40 et 100 : 10
Plus de 200 : 14
Total général : 45

Les réponses au questionnaire mettent en exergue le manque d’initiateurs dans cette discipline et le niveau de compétences de ces derniers.

Neuf propositions
En conclusion, le “groupe de travail technique et directeurs techniques” fait neuf propositions d’axes de travail pour 2022 :

  1. Sensibilisation des Moniteurs Fédéraux – BPJEPS Trad à l’évolution des différents dispositifs utilisés en automatique + les particularités des nouveaux aéronefs et amphi cabine.
  2. Un groupe de travail pourrait être envisagé avec des membres de la commission médicale et du groupe des directeurs techniques afin de définir des tests physiques permettant de valider une capacité à suivre la formation Traditionnelle ou PAC. La notion d’âge, discriminante, ne peut être autorisée.
  3. Le groupe de travail des directeurs techniques, en relation avec la DTN, pourrait réfléchir à une gestion plus fine des mineurs pour la PAC et la Trad. Cette population nécessite une approche différente qui doit prendre en compte la dimension juridique. Le groupe pourrait également réfléchir à une modification de la progression PAC et/ou Traditionnelle intégrant un apprentissage mieux adapté pour les seniors (tandem pédagogique – formation PAC en 10 sauts, et Traditionnelle, etc…).
  4. Un groupe de travail de la FFP pourrait être mis en place afin de prendre en compte la problématique du matériel de guidage à destination des écoles. Il pourrait être envisagé un casque normé intégrant des écouteurs.
  5. La fiche de formation en OA et en PAC devrait intégrer le fait pour l’élève d’être en capacité d’effectuer un circuit sous voile, sans assistance radio.
  6. Le groupe de travail aéronautique de la FFP pourrait proposer une modification de la «checklist» (structures associatives) intégrant des limites journalières et/ou hebdomadaire comparables aux limites imposées aux pilotes professionnels.
  7. Des stages fédéraux en wingsuit pourraient être envisagés afin de mieux encadrer cette discipline et augmenter le nombre d’initiateurs.
  8. Les élus de la Fédération pourraient intégrer dans l’agrément école le suivi du petit matériel (Modalités à définir, dans l’esprit des casques normés).
  9. En relation avec la DTN et la FFP, une réflexion devrait être conduite par notre groupe de travail concernant les dispenses et équivalences relatives au BPJEPS (options TRAD, PAC, Tandem) : UC1&2 et UC4 d’option du BPJEPS.

 

En filigrane des présentations

Le DTN est intervenu à plusieurs reprises durant les échanges sur trois sujets importants, il s’agit de la zone de pliage dédié pour les élèves, de l’état du parc école et de l’enseignement aux mineurs :

“Depuis des années, on observe que les centres ont su aménager des zones spécifiques pour le pliage des tandems, mais très peu de structures font de même pour les élèves, pour mieux les accompagner et être présents à leurs côtés. Les textes réglementaires vont certainement évoluer dans ce sens, de même que sur l’enseignement des mineurs, où des évolutions vont nous être imposées.

Concernant le matériel, on constate que les élèves ont parfois des parachutes en limite de potentiel, malgré le filtre du plieur et le filtre (normalement) du responsable qui gère le matériel sur le centre école et, en cas d’accident, les magistrats ont du mal à comprendre comment il est possible de donner un matériel quasi obsolète à des pratiquants qui débutent une activité dans un environnement spécifique. Il faut que le renouvellement des équipements soit cohérent.”

Raphaël Plantin a également déclaré : “Il est question d’une modification du code du sport dans les années à venir, où il y aura sans doute une zone dédiée à mettre en place sur les écoles et la gestion de la salle sera à effectuer obligatoirement par une personne désignée, titulaire des qualifications nécessaires et, s’il y a un problème avec ces vérifications, on saura vers qui se retourner.”

Conclusion

Ce séminaire en visioconférence était une première pour la DTN, mais pas tout à fait pour la fédération : l’AG élective du 10 avril 2021 s’était déjà déroulée de la sorte, et dans de bonnes conditions. Dans les deux cas, la technique mise en place utilise l’application Zoom. En coulisse, elle était pilotée par Laurent-Stéphane Montfort et Guillaume Dubois et ça a été un succès. Il y a toujours des détails à améliorer bien sûr, mais les exposés ont été clairs et les débats assez riches.

Au total, 65 participants se sont connectés, c’est une très bonne participation puisque cela représente la quasi-totalité des DT et des FCT.

Les participants avaient la possibilité de poser des questions d’abord par écrit, et ensuite en audio. Les réponses étaient apportées sur le champ par les techniciens nationaux, lorsque cela était possible, les autres seront apportées plus tard, selon la DTN.

Dès l’ouverture de ce colloque en visio conférence, Yves-Marie Guillaud, président de la FFP, avait pris référence sur le séminaire des plieurs, qui s’était clôturé deux jours plus tôt à Gap-Tallard, pour mettre l’accent sur l’efficacité de ces réunions à thèmes : “…Elles nous sont imposées, soit par la crise sanitaire, soit pour des questions budgétaires, mais contrairement aux colloques de Talmont, où les participants ayant plusieurs fonctions ou plusieurs centres d’intérêt ne pouvaient pas tout suivre, elles ont ce bon côté de rendre les travaux plus efficaces.”

Le bon déroulement de ce “webinaire” confirme ses dires, mais dans le contexte économique actuel, il est bien difficile de savoir si nous retrouverons vraiment le choix, en 2023, entre efficacité et convivialité.

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