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Icon : suite du feuilleton

Nouveaux communiqués Aerodyne et PIA

Rappel : Suite à l'accident mortel survenu le 6 avril 2026 au Royaume-Uni, le sac-harnais Icon du fabricant Aerodyne est immobilisé au sol, dans certaines tailles et dans certains pays, dont la France. Autre mesure française : la périodicité du pliage annuel de la voile secours est réduite à 6 mois pour toute la gamme des sacs-harnais Icon.

Par Bruno Passe

Le début de saison est compliqué pour de nombreux utilisateurs d'Icon de par le monde : certains doivent faire modifier leur équipement, d'autres doivent carrément en trouver un autre pour pouvoir sauter.

Sur les réseaux sociaux, les commentaires vont bon train, dans certains cas avec vidéo à l'appui, où l'on voit le conteneur impliqué ne pas s'ouvrir spontanément.

En France, la situation est actuellement subordonnée à l'application de la révision du 16 avril 2026 de la consigne de navigabilité F-2021-003, éditée par la DGAC (Direction générale de l'Aviation civile). Une consigne qui concerne tous les utilisateurs d'Icon, toutes tailles confondues.

Si vous prenez le "feuilleton" en marche, sachez que c'est la récente interdiction par la British Skydiving (la fédération anglaise), suite à un accident mortel survenu le 6 avril, qui a alerté la communauté parachutiste internationale.

Tandis qu'un rapport intermédiaire de la commission d'enquête de la British Skydiving était publié, de même que des communiqués du fabricant Aerodyne et du PIA (Parachute Industry Assocation, "association des industriels du parachute"), la décision d'interdiction s'est propagée dans d'autres pays.

Et pourtant, en France, le "feuilleton" avait déjà commencé en novembre 2021 lorsque, alertée par le conseil de sécurité de la FFP, la DGAC a édité la consigne de navigabilité n°F-2021-003 qui interdisait de saut les sacs-harnais Icon dont le sectionneur était positionné en dessous de l'extracteur de secours.

Suite à cela, en décembre 2021, la FFP éditait la circulaire de sécurité n°203 qui rendait obligatoire la remise à niveau des sacs-harnais Icon par changement de la position du sectionneur dans le conteneur de secours. Il s'agissait de déplacer le sectionneur AAD depuis le rabat n°1 (sous l'extracteur de secours) au rabat n°3 (au-dessus de l'extracteur de secours).

Selon la FFP : "cette action vise à réduire la longueur de bouclette de fermeture coupée au-dessus de l’extracteur de secours afin de ne pas entraver l’écartement des rabats du sac-harnais".

Extrait du manuel FFP "Les déclencheurs de sécurité", le schéma ci-dessus illustre le principe global de fermeture d'un conteneur de secours, associé à la méthode de coupure de la bouclette par le déclencheur AAD.

Extrait lui aussi du manuel FFP "Les déclencheurs de sécurité", ce deuxième schéma ci-dessus illustre un blocage des rabats (et donc une non-ouverture) suite à l'utilisation d'une bouclette trop longue ou trop épaisse.

En date du 25 janvier 2022, la société Aerodyne, fabricant du sac-harnais Icon, a publié un nouveau bulletin technique concernant le positionnement du sectionneur pyrotechnique du déclencheur AAD sur l'Icon. Le fabricant y recommandait le déplacement du sectionneur, selon ce qui est appelé communément la "french option" ("l'option française"), mais sans la rendre obligatoire.

Les premières informations contenues dans le rapport intermédiaire de la commission d’enquête de British Skydiving, suite à l'accident du 6 avril 2026, montrent que le parachute de la victime n'était pas équipé de la "french option".

Le schéma ci-dessus, volontairement simpliste (pas d'échelle, pas de détail de structure, angles des rabats exagérés) illustre l'action combinée des forces (tractions et poussée) sur la bouclette de fermeture avec un sectionneur positionné sous l'extracteur et qui tranche le loop avant que l'aiguille soit retirée. Ajoutée à d'autres facteurs (rigidité, forme et structure de certains rabats), elle contribue à produire un cisaillement qui peut provoquer un retard d'ouverture (ou une non-ouverture).

Deux nouveaux communiqués !

Deux nouveaux communiqués ont été publiés récemment. Le premier l'a été le 16 avril 2026 par le PIA (association des industriels du parachute) :
"Nous souhaitons exprimer nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis du parachutiste à la suite du récent incident survenu au Royaume-Uni.
British Skydiving a publié un bulletin immobilisant les systèmes harnais/conteneur Icon, à titre de mesure de précaution. Le comité technique de la PIA est informé de l’incident et reste en contact avec les parties concernées.
La PIA est une organisation professionnelle sans autorité réglementaire. Nous diffuserons les informations au fur et à mesure de leur disponibilité. Nos comités évalueront les données et élaboreront un plan d’action afin d’aider les propriétaires de systèmes Icon H/C ainsi que les plieurs (riggers) qui assurent la maintenance de cet équipement.
La PIA s’engage à apporter son soutien à toutes les personnes affectées par l’avis d’immobilisation émis par British Skydiving.
À ce jour, aucune conclusion n’a été établie concernant la cause profonde de cet incident. Nous attendons davantage d’informations de la part d’Aerodyne et de British Skydiving à ce sujet.
La PIA demande aimablement ce qui suit aux propriétaires et aux plieurs de systèmes Icon : pour ceux qui ne sauteront pas avec leur équipement Icon pendant cette période d’enquête, merci de ne pas ouvrir vos conteneurs de secours afin de préserver le pliage pour une éventuelle évaluation par le personnel désigné."

Un autre communiqué a été publié le 19 avril 2026 par Aerodyne, fabricant de l'Icon.

Ce long communiqué (disponible en intégralité et traduit en français ci-dessous) peut être résumé comme ceci : Aerodyne indique que l’enquête sur l’incident survenu au Royaume-Uni, menée par British Skydiving, est toujours en cours et qu’aucune conclusion n’a encore été établie concernant la cause de l’événement ou les performances de l’équipement. L’entreprise coopère avec les autorités, tout en précisant que ce type d’investigation est complexe et peut prendre du temps, et qu’elle n’a pas encore eu accès direct au matériel concerné. Un rapport intermédiaire a été publié, mais les informations disponibles restent partielles et susceptibles d’évoluer, ce qui justifie un appel à la prudence, notamment face aux discussions sur les réseaux sociaux.

Concernant le positionnement du sectionneur AAD, déjà abordé dans un bulletin technique de 2022, Aerodyne confirme que les deux configurations ont été testées et validées en conditions réelles. Toutefois, dans un souci d’harmonisation et de cohérence à l’échelle mondiale, la recommandation existante sera désormais rendue obligatoire. Cette décision s’inscrit dans une démarche de standardisation et n’est pas liée à l’enquête en cours.

Enfin, Aerodyne réaffirme son engagement en matière de sécurité, de qualité et de transparence, et s’engage à communiquer des informations fiables à mesure de l’avancement de l’enquête, en invitant la communauté à se référer à des sources officielles.

"L'option française" devient obligatoire dans le monde entier

 

Communiqué intégral (traduction) du 19 avril 2026 par Aerodyne, fabricant de l'Icon
"Aerodyne souhaite fournir une mise à jour concernant l’enquête en cours sur l’incident récent survenu au Royaume-Uni. L’enquête est menée par British Skydiving, avec le soutien d’Aerodyne selon les besoins. À ce stade, l’enquête est toujours en cours et les informations disponibles ne permettent pas de tirer de conclusions quant à la cause de l’incident ni aux performances de l’équipement.

British Skydiving a publié un rapport intermédiaire présentant les informations actuellement disponibles. Aerodyne renvoie à ce rapport pour le détail des conclusions à ce jour, lesquelles reflètent le caractère préliminaire de l’enquête ainsi que les limites actuelles dans l’établissement d’une chronologie complète des événements.

Les enquêtes de cette nature sont complexes et peuvent prendre un temps considérable. Il est également possible qu’une cause unique et définitive ne puisse être établie. Aerodyne n’a pas encore eu un accès direct à l’équipement concerné et comprend qu’il reste sous le contrôle des autorités compétentes. Aerodyne continue de coopérer avec British Skydiving et sera présent au Royaume-Uni pour soutenir les prochaines étapes de l’enquête.

Concernant les discussions au sein de la communauté / réseaux sociaux
Aerodyne est conscient du niveau élevé d’engagement et de discussion au sein de la communauté du parachutisme. Bien que cela reflète un engagement commun en faveur de la sécurité, il est important de reconnaître que les informations à un stade précoce sont souvent incomplètes et susceptibles d’évoluer au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête.

Positionnement du sectionneur AAD
Comme indiqué précédemment dans le bulletin technique TB-250122 (2022), Aerodyne a identifié le positionnement du sectionneur AAD comme un élément de configuration à considérer, sur la base de tests internes. À cette époque, une recommandation avait été émise visant à positionner le sectionneur au-dessus du ressort de l'extracteur de secours, dans certaines configurations.

Les deux positions du sectionneur ont été testées et approuvées, et le système est utilisé depuis de nombreuses années avec des déclenchements de secours réussis en conditions opérationnelles.

Dans le cadre de l’évaluation continue des produits et afin de promouvoir une cohérence des configurations sur le terrain à travers différents environnements d’exploitation et juridictions, Aerodyne a décidé de faire évoluer le statut de ce bulletin de "recommandé" à "obligatoire". Cette mesure vise à soutenir une approche cohérente au sein de la communauté mondiale des utilisateurs. Un bulletin distinct détaillant cette mise à jour sera publié.

Cette décision reflète l’engagement continu d’Aerodyne envers le développement de ses produits et la standardisation des configurations de ses systèmes à l’échelle mondiale.

Conclusion
Aerodyne reste engagé à soutenir le processus d’enquête et à maintenir les plus hauts standards de sécurité, de qualité et de performance sur l’ensemble de ses systèmes. Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec British Skydiving et les parties concernées à mesure que l’enquête progresse, et à examiner toute nouvelle information dès qu’elle sera disponible.

Parallèlement, Aerodyne poursuivra l’évaluation continue de ses produits et le soutien à sa base d’utilisateurs mondiale, tout en maintenant un accent constant sur la cohérence, la fiabilité et la sécurité d’exploitation dans tous les environnements."

L’équipe Aerodyne

RETOUR EN FRANCE

Mesure de précaution oblige : bien que la France – via la FFP et la DGAC - a été précurseur sur le sujet, et même lanceur d'alerte, elle n'échappe pas à l'interdiction dans certaines tailles, même lorsque la position du sectionneur est conforme à la nouvelle norme du constructeur.

Pour les utilisateurs des plus grandes tailles, dont les modèles écoles, qui ont déjà reçu la "french option", pas de problème : ils peuvent continuer à utiliser leur équipement, car non seulement il correspond à la nouvelle norme du constructeur ET il respecte la révision du 16 avril 2026 de la consigne de navigabilité DGAC F-2021-003.

Ces utilisateurs doivent désormais appliquer la périodicité du pliage secours, qui est passée de 1 an (standard français) à 6 mois, elle se cale ainsi sur celle qui est en vigueur aux États-Unis. À noter qu'il y a déjà un centre français qui a décidé de renforcer cette consigne en imposant un pliage de moins de 6 mois dès à présent. Et ceci afin d'éviter les mauvaises surprises en cours de saison.

À noter également qu'un pratiquant français licencié à la FFP qui déciderait d'aller sauter avec un équipement non conforme à la réglementation française dans un pays où la réglementation est moins contraignante ne serait pas couvert par l'assurance fédérale.

De même, un pratiquant étranger qui viendrait sauter avec un équipement conforme à la réglementation de son pays, mais non conforme à la réglementation française ne serait pas couvert. Cette situation est décrite dans la Directive technique FFP n°50 : "Les opérations de maintenance et le pliage doivent être conformes aux réglementations en vigueur, aux bulletins techniques des constructeurs, ainsi que ceux de la Fédération Française de Parachutisme".

Dernier rappel pour les utilisateurs français concernés par l'interdiction : le PIA leur demande de ne pas ouvrir leurs conteneurs de secours afin de préserver le pliage pour une éventuelle évaluation par le personnel désigné.

En cas de doute ou pour toute information complémentaire, rapprochez-vous d'un plieur/réparateur de secours ou d'un plieur de secours.

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