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Incidents

ARISTOTE et SOCRATE

Mauvaise mayonnaise en wingsuit

Dans la continuité des nombreuses parutions du magazine papier, notre rubrique “Incidents” atterrit sur paramag.fr ! Ce premier article de la rubrique “dématérialisée” relate une fois de plus des faits troublants, mais sans conséquence grave, et dont les victimes peuvent donc témoigner. Comme à chaque fois, certaines circonstances sont modifiées, tout comme les noms et les lieux. Sur le plan parachutiste, la description et les faits racontés ici sont bien réels.

Par Daniel-Michel Holleville

Quelque part sur la Planète Skydive…

Un matin d’automne, Aristote et Socrate rejoignent la DZ de M’Babane. Il a fait très mauvais pendant un mois et enfin les nuages laissent entr’apercevoir quelques trous de ciel bleu. Le Pilatus immatriculé F-CDMH, repeint tout en jaune, va enfin permettre aux passionnés de reprendre leurs jeux en chute libre.

Socrate et Aristote forment un véritable duo en wingsuit, ils ont un peu plus de 150 sauts ensemble.

Aristote est le plus ancien dans la discipline et il a surtout la faculté de se retrouver toujours au-dessus de la DZ au moment de l’ouverture, même s’ils ont fait plusieurs kilomètres de distance avec souvent un ou deux virages pour éviter de gros nuages. Aristote aurait, parait-il, le don de toujours savoir où il est en chute, même en traversant d’épais nuages.

Socrate est proche de la soixantaine et devrait atteindre dans l’année son millième saut. Comme il est son propre patron, la sécurité est importante pour lui. Il est allé dans un autre centre de parachutisme pour démarrer la wingsuit. Il s’est bien entrainé sur la technique d’ouverture. Il pense à chaque fois à casser sa vitesse horizontale, descendre les genoux et arquer la tête. Cela fait maintenant 250 sauts de wingsuit et pas un seul twist à l’ouverture. Ce qui conforte Socrate dans un véritable plaisir de la chute. Pour les connaisseurs, précisons qu’il est équipé d’une combinaison Baracuda Power Plus. En revanche Socrate a besoin de voir le sol et d’avoir tous ces repères habituels.

Luigi, le directeur technique de la DZ de M’Babane, annonce au micro que la séance va très vite démarrer, car on aperçoit quelques trous dans la masse nuageuse. Dans la grande salle de pliage, on sent le véritable emballement dès que la séance démarre. Les uns et les autres courent d’un coin de la salle à l’autre. Qui pour bien vérifier son casque avec la GoPro, qui pour s’habiller en fonction du temps et du type de saut à effectuer.

Socrate n’aime pas du tout ce ciel encore couvert et propose à Aristote de faire un vol relatif à deux. Aristote a bien compris les appréhensions de Socrate. Il lui indique qu’il n’y aura qu’eux deux à partir en wingsuit, loin derrière les petits groupes de chuteurs et que lui, Aristote, va faire en sorte d’être toujours près de lui pour lui indiquer la bonne direction à suivre.

Socrate a toujours sa Gopro avec lui et une petite radio pour pouvoir communiquer avec Aristote, en cas de très mauvais largage ou de vache. Mais ce jour-là, il a tout oublié chez lui. Aristote a encore compris l’inquiétude supplémentaire que provoque l’oubli du matériel chez son copain.

« T’inquiètes, ça va le faire, je gère » dit Aristote.

À 4000 mètres, le ciel est toujours  couvert. Malgré la présence de quelques trous, le terrain n’est pas visible. Le premier groupe de chuteurs quitte l’avion et bien plus tard, c’est au tour d’Aristote et de Socrate.

 

Jusque-là, tout va bien.

Socrate a légèrement piqué de la tête et se retrouve 300 mètres sous Aristote. Socrate ne s’affole pas, il est bien stable et il garde un axe de vol en attendant qu’Aristote arrive.

Mais Aristote ne vient pas. Socrate est parti dans une mauvaise direction et Aristote fait quelques S et casse sa vitesse en espérant que Socrate revienne vers lui. Mais Socrate ne le voit pas, il est perdu et il ne sait pas où lui-même se trouve exactement par rapport au terrain.

Ça va mal.

Un sentiment de panique commence à envahir Socrate. Cela fait maintenant une minute et trente secondes qu’il a quitté l’avion et enfin sur sa gauche, il aperçoit Aristote.

Normalement ce dernier est juste à côté de lui, mais là il est loin, très loin. Aristote, qui mesure plus d’un mètre quatre-vingt, apparait comme ne faisant qu’un centimètre. Ni une ni deux, Socrate amorce un virage rapide vers la gauche pour se rapprocher de son ami. Il apparait maintenant comme faisant 4 à 5 centimètres. Il est vraiment trop loin.

1700 mètres, l’altison de Socrate émet son premier bip. Avec Aristote, c’est leur hauteur de séparation.

Oui, mais où aller maintenant ?

Aristote fait un grand virage par la gauche, et il entre dans un nuage. Socrate ne veut pas le suivre dans le nuage, trop dangereux, il reste sur trajectoire.

1500 mètres, l’altison émet un deuxième bip.

C’est la hauteur d’ouverture.

Tant pis, Socrate décide d’ouvrir, mais il n’a pas cassé sa vitesse horizontale, il a oublié de bien cambrer. Il est à pleine vitesse. Ça ouvre, forcément ça bascule, les pieds montent à l’horizontale. Socrate voit parfaitement le POD monter en vrille.

Il se retrouve tout droit, mais avec une dizaine de twists ou torsades. Bien sûr, il est en auto rotation rapide. Socrate a l’impression d’être dans une centrifugeuse.

Il ne panique pas. Pas le temps de défaire les manches. Il tire sur sa poignée de libération à deux mains. Les anneaux semblent partir. Socrate tire sur la poignée du parachute de secours.

Aïe ! Ça va très mal.

La voile principale est toujours accrochée du côté gauche, côté RSL. La voile de secours est OK.

La voile principale est partiellement gonflée face à Socrate.Tout est stable.

Socrate émet une injure bien pensée pour le plieur de secours, car c’est vraiment une configuration apocalyptique. Packman, le plieur attitré de la DZ est l’homme le plus calme et le plus rigoureux de la confrérie des plieurs de secours. Qu’il ne soit pas vilipendé ici-bas, car la suite de l’histoire nous prouvera que, bien au contraire, son travail ne souffrait d’aucune contestation.

Socrate est toujours au niveau des nuages et sa voile principale vole à moitié.

Pour prendre le contrôle de ce biplan peu orthodoxe, Socrate attrape les commandes de sa voile de secours et fait une belle mise en œuvre. La voile de secours prend de la vitesse puisque les demi-freins ont été enlevés. Socrate essaye de garder un cap. Pour ce faire il attrape les deux commandes du secours dans la main droite et avec sa main gauche, il essaye d’attraper les commandes de la principale.

Extrait vidéo 1 de la caméra embarquée d’Aristote.
Aristote a filmé tout le saut avec sa vidéo à 360°, depuis le départ de l’avion jusqu’à son atterrissage. Cette séquence est filmée juste après l’ouverture d’Aristote qui voit Socrate au loin, en train de se débattre sous sa voile de secours bien ouverte et sa voile principale à moitié gonflée et accrochée par un élévateur.

Hélas, trois fois hélas…

La principale s’entoure autour du secours.

L’ensemble se met à tourner à toute vitesse. Le corps de Socrate est à l’horizontale. Et ça tourne à toute vitesse. Il n’a plus aucun contrôle sur quoi que ce soit.

Extrait vidéo 2 de la caméra embarquée d’Aristote.
Aristote essaye de suivre Socrate qui fait la mise en œuvre de sa voile de secours. Socrate essaye de garder un cap, mais l’ensemble voile principale et voile de secours prend de la vitesse et se met à tourner rapidement.

Le sol se rapproche trop rapidement…

Il jette un coup d’œil sur sa droite. Ça va trop vite, il y a un mélange de couleurs puis du blanc. Ce n’est pas bon, l’impact est inévitable.

Sur le dos et en tournoyant, Socrate adresse un dernier au revoir à ceux qu’il aime. Il sait qu’il va mourir ou qu’il va avoir des broches dans tous les os de son corps s’il se réveille, et cela dans un lit d’hôpital.


Il ferme les yeux, il sait qu’à cette vitesse il ne va rien sentir, ça ira trop vite.

L’impact se fait sur l’épaule droite, encore quelques microsecondes et c’est l’impact avec le sol. Il reste les yeux bien fermés.

Extrait vidéo 3 de la caméra embarquée d’Aristote.
Socrate a perdu le contrôle ! Il s’enfonce en autorotation rapide vers le sol, tandis qu’Aristote hurle sous sa voile bien ouverte…

Tout s’arrête.

« Est-ce que j’ai touché le sol ? »

Au sol, Socrate ouvre les yeux. Il est le premier surpris.

Il n’est pas mort.

Au niveau de son épaule, c’est comme s’il avait pris un bon coup de poing. Il y a un buisson au-dessus de lui et il est assis par terre à 50 centimètres de la chaussée de cette petite rue passante de M’Babane.

Luigi, le directeur technique, a suivi aux binos la dernière partie de descente sous voile (hé oui, Aristote avait malgré tout réussi à diriger le vol en wingsuit pas trop loin de la DZ !). Luigi a arrêté la séance ainsi que les 40 tandems qui devaient sauter dans la matinée. Ces derniers ont tous vu les deux voiles emmêlées avec un corps tombant à grande vitesse en dessous.

Luigi fonce vers le Dodge 4 X 4 pour aller au plus vite au point d’impact… Il sait par expérience qu’un tel choc est potentiellement mortel.

Aristote a suivi toute la descente, et tandis que sa Gropo filmait encore, il a essayé de crier à son copain de bien libérer sa voile principale. Mais à chaque fois il était vraiment trop loin et Socrate ne pouvait rien entendre avec son casque rembourré et son attention concentrée à fond sur ses deux voiles.

Le sol se rapprochant aussi pour Aristote, il a choisi un grand champ bien dégagé de tout obstacle et à proximité du point d’impact de Socrate. Aristote se pose derrière de grands arbres qui le séparent du point d’impact et qui lui en cachent la vue. Dès qu’il est posé, il court vers Socrate. Il sait qu’il va récupérer soit un cadavre, soit un corps multi fracassé et broyé par la vitesse de descente.

Extrait vidéo 4 de la caméra embarquée d’Aristote.
Aristote s’est posé dans un champ non loin de l’endroit où il a vu Socrate impacter. Il se déséquipe, prend son téléphone (…remet sa chaussure !) et court vers Socrate, avec son casque-caméra sur la tête.

À 5 mètres de Socrate.

Une voiture s’arrête. Un des habitants de la commune sort de la voiture et indique à Socrate qu’il a tout vu et qu’il a déjà téléphoné à l’ambulance qui est partie les rejoindre en quatrième vitesse.

Socrate touche différentes parties de son corps. Les doigts de pieds bougent parfaitement. Aucune douleur si ce n’est à droite, son bras semble coincé et il y a une forte compression au niveau de son aisselle droite.

Socrate pense que son épaule est entièrement déboitée.

« Je vais bien », dit-il. Il essaye de remettre son épaule en place, mais il n’y parvient pas. Il défait sa sangle de poitrine et allonge ses cuissardes pour quitter son harnais.

Les secours arrivent aussi rapidement que le Dodge de Luigi. L’infirmière présente dans le camion des pompiers a parlé au témoin avant de prendre Socrate en charge.

Socrate monte dans le véhicule d’intervention qui ressemble plus à un bloc chirurgical qu’à un camion de pompiers. L’infirmière examine Socrate quand Luigi et Aristote arrivent. Aristote entend la voix de Socrate, « C’est impossible»pense-t-il.

Ils sont vraiment surpris d’entendre la voix parfaitement calme et chaleureuse de leur copain.

L’infirmière indique aux deux parachutistes que Socrate a été vu en train de tomber avec ses deux voiles. Sur le dos d’abord, c’est sur deux fils électriques qui ont bien freiné sa chute, après un seul fil a cassé et le courant a été coupé. Mais un sapin salvateur a encore amorti un peu sa chute. Et cerise sur le gâteau, trois grosses poubelles contenant des feuilles d’automne ont parachevé de freiner complètement la chute de Socrate.

La photo du miracle : la voile principale d’Aristote, de couleurs bleu et jaune, est encore accrochée dans l’arbre et à un des câbles électriques. Un autre câble est par terre, sans doute celui qui a le plus ralenti le choc et qui est cassé. En arrière-plan, on distingue la voile de secours, de couleur orange, encore accrochée dans l’arbre elle aussi.

Comment est-ce possible ?

Luigi et Aristote sont éberlués. Ils pensent tous les deux que le fil de courant basse tension était au bon endroit et au bon moment pour leur copain.

Avec le camion des pompiers, le shérif est tout de suite arrivé sur les lieux pour s’entretenir avec Socrate. Il lui pose bien sûr la question de savoir qui a plié sa voile principale. Rappelons que le shérif est un ancien compétiteur de voile-contact, il se souvient des différents emmêlages entre coéquipiers du début de cette discipline. Socrate répond que c’est bien lui qui a plié sa voile principale et Packman a bien plié le secours.

Rasséréné, le shérif permet à Luigi et Aristote d’examiner le matériel. Socrate avait bien sûr défait sa sangle de poitrine et allongé ses cuissardes pour rejoindre le camion ambulance.

Luigi, en bon technicien, constate que la poignée de libération est toujours à peu près en place. Le jonc côté gauche bloque toujours la bouclette et les trois anneaux ne peuvent pas être libérés.

Il tire 1 cm de plus sur la poignée de libération et les 3 anneaux permettent à la voile principale de se désolidariser du harnais.

L’infirmière se tourne vers Socrate en disant ceci : « Je pense que vous avez un ange gardien. »

Socrate répond : « Vous croyez ? »
L’infirmière : « J’en suis sûre ! »

Socrate commence à râler, car demain il ne pourra pas livrer ses clients ! Aristote le regarde intensément et lui dit : « Tais-toi donc, tu devrais être mort ! Alors tes livraisons, ça peut attendre, tu ne crois pas… »

Autre photo du miracle, vu sous un autre angle : les deux voiles sont toujours accrochées au câble et dans l’arbre, tandis que les secours sont arrivés sur place.

Arrivé à l’hôpital, le chirurgien indique à Socrate qu’il va lui faire une piqure pour le détendre, puis une autre pour remettre la légère autorotation de l’humérus. « Le cartilage risque d’avoir subi quelques contrariétés, mais demain vous sortirez de l’hôpital. Votre bras va mettre un peu de temps à se remettre en place, mais vous pourrez ressauter dans quelques mois. »

« Ah bon, demain, ce n’est pas possible… ? » questionne Socrate !

Le lendemain, un journaliste écrira qu’un parachutiste a “voulu atterrir avec sa wingsuit et qu’il a percuté une ligne électrique”. Parfois il ne faut pas croire ce que certains journalistes peuvent écrire, surtout s’ils n’ont pas une bonne connaissance de ce sport et s’ils n’étaient pas présents.


Socrate n’aura aucun bleu, aucune courbature. Trois mois et demi après son poser, il a récupéré 80% de la mobilité son bras droit et les douleurs ont enfin disparu.

L’avion attend Aristote et Socrate, mais cette fois, avec du ciel bleu bien sûr.

Analyse de Socrate

« Ce jour-là, je n’avais pas envie de sauter. »
« Mon ouverture n’était pas normale. »
« Bien sûr je n’ai pas bien fait ma procédure de secours. »

Notre analyse

C’est vrai que parfois notre entourage nous pousse à faire le saut de trop. Savoir résister est difficile, mais il faut écouter son corps et son cerveau pour savoir dire non.

Ce n’est qu’après bien des sauts qu’on sait qu’il ne faut pas faire ce saut de plus ou ce saut de trop.

Il n’y a pas de nombre de sauts à atteindre pour que cette statistique soit sûre. Il m’est arrivé, même avec plusieurs milliers de sauts, de rester au sol parce que je ne le sentais pas.

Dites-vous bien que l’important c’est de rester en vie et que le plus beau saut de votre vie, c’est le prochain.

Ne pas tirer complètement la poignée de libération arrive plus souvent qu’on ne le croit. Surtout quand on est satellisé à forte vitesse. C’est pour cela qu’il est bon, de temps en temps, de refaire une procédure de secours dans le harnais de libération disponible dans toutes les DZ du monde.

Socrate voudrait que cette procédure soit obligatoire tous les six mois par exemple, je pense qu’il n’a pas tort du tout.

N’oubliez pas que si vous êtes en autorotation rapide sous votre voile principale et si – et seulement si – vous avez suffisamment de hauteur pour le faire, repartir en chute permet de contrer les rotations du corps et donc d’ouvrir le parachute de secours dans une meilleure configuration, car il ne devrait pas partir en twists.

Autre conseil d’ancien compétiteur de voile-contact : les posés avec deux voiles ouvertes sont toujours très difficiles à négocier. Je pense qu’il vaudrait mieux ne pas libérer les commandes de la voile de secours et donc laisser cette dernière en demi-freins, c’est-à-dire à 50 % de sa vitesse. De plus, en demi-freins, la voile descend un peu moins vite qu’en vitesse verticale.

Dernier conseil : n’oubliez pas de sourire en sortie d’avion. La chute c’est vraiment trop bien.

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À lire également

Sur le même sujet et dans la même rubrique Indidents (du même auteur), l’article : “Cap’tain Ad Hoc et le jeune Hibiki, des amateurs de wingsuit”, publié dans le ParaMag n° 392 de janvier 2020.

Pour un rappel technique sur le sujet des ouvertures en wingsuit, nous vous invitons à lire ou à relire l’excellent interview de Stéphane Zunino : “Comment avoir de bonnes ouvertures en wingsuit !” publiée dans le ParaMag n° 382 de mars 2019.

Autre article technique intéressant : “J’évite l’accident, connaître les facteurs qui nous placent dans la zone de danger” par Patrick Passe, extrait de ParaMag n°406 de juillet/août 2021.

Le dernier épisode de la rubrique Incidents paru en version magazine papier : “Tomato Ketchup ou la galère d’un moniteur PAC”, extrait de ParaMag n°403 de janvier/février 2021.

L’origine de la rubrique “Incident” va de pair avec la parution, en 2000, d’un ouvrage intitulé “C’était pas l’heure” et qui était publié en auto édition par son auteur : Daniel-Michel Holleville (dit “DMH”). Le livre fut un succès dans le milieu parachutiste.

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