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Colors of Seychelles

Le paradis retrouvé

Une des plus belles zones d’atterrissage au monde : la plage “Côte d’Or”. Photo Ewan Cowie

Il existe divers endroits dans le monde qui se rapprochent de l’idée mystique du paradis. L’archipel des Seychelles en fait certainement partie. Un boogie organisé là-bas, c‘est donc un ticket d’entrée pour sauter au paradis.

Par Ralph Wilhelm

L‘archipel des Seychelles a certes été découvert vers 1500, mais ce n’est qu’en 1753 que les navigateurs français en ont pris possession. Les îles, qui n’avaient pas de nom à l’époque, ont été nommées ainsi d’après Jean Moreau de Séchelles, ministre des Finances sous Louis XV. Et même si les îles ont dû être cédées aux Britanniques en 1814, l’influence française se fait encore sentir aujourd’hui. Ainsi, le français est l’une des trois langues officielles et le créole seychellois, deuxième langue officielle, a également une forte influence française.

Alors que Greg Crozier effectue le saut en angle debout, le reste du groupe suit sur le ventre ou sur le dos, en head-down. Photo Ewan Cowie

Un tel boogie, le premier du genre*, organisé ici ne pouvait donc pas se passer de participants français. Et qui de mieux pour représenter la Grande Nation que les champions du monde Karine Joly et Greg Crozier de l’équipe Airwax ? Et alors que la neige tombait encore début avril dans une grande partie de l’Europe, le t-shirt et le short étaient ici la tenue de rigueur pour les sauts.( 30° +/- 1°C, c’est pratiquement la température moyenne toute l’année, qui ne diminue guère, même à 4.500 mètres). Il en est de même pour la température de l’eau, qui a incité pratiquement tous les participants à aller se baigner dès leur posé. Le bâtiment proche de la plage (faisant office de zone de pliage et tout le confort qui va avec) faisait partie de l’ancienne résidence de vacances du président des Seychelles.

Après le dernier saut de la journée, la bière fraîche est particulièrement savoureuse sur le chemin du retour, entre le lieu d’atterrissage et la dropzone. Photo Ralph Wilhelm

La plage appelée “Côte d’Or” faisait office de zone de poser. Le sable fin était si blanc par endroits qu’il faisait mal aux yeux sans lunettes de soleil. Longue de près de 3 km, sa largeur varie en fonction de la marée. Lorsque la zone d’atterrissage devenait trop étroite à cause de la marée haute, les participants atterrissaient tout simplement à l’autre bout de la baie, où même à marée haute, il y avait encore une bande de sable large et adaptée aux débutants. Les participants rentraient ensuite à la base sur le camion à plateau de la dropzone. L’aéroport de Praslin, l’île sur laquelle se déroulait l’événement, servait en effet de “Stairway to Heaven”.

Cela impliquait certes 20 minutes de trajet à l’arrière du camion, mais comme le parcours longeait la mer, traversait des villages colorés et une jungle dense, il était toujours très divertissant. De plus, Karine Joly avait rapidement découvert comment coupler son téléphone portable à la radio du camion, ce qui lui permettait de jouer les disc-jockeys. Un camion chargé de parachutistes qui chantent à tue-tête n’était certainement pas un spectacle habituel, même aux Seychelles.

Le Dornier 228 est rapide, spacieux et il dispose de la climatisation. Dommage qu’il ne soit pas utilisé plus souvent pour le parachutisme ! Photo Ralph Wilhelm

L’avion de largage n’était pas non plus banal. L’armée de l’air des Seychelles avait mis à disposition un Dornier 228. Cet avion de patrouille maritime avait intégré le pupitre de commande d’un radar au fond de la soute. Lors du briefing, le pilote avait donc fait remarquer aux parachutistes qu’ils ne devaient pas toucher à l’installation. Il n’avait encore jamais largué de parachutistes, mais il a pu constater que ceux-ci sont très respectueux des consignes ! Et ils ont été aussi très surpris, la toute première fois, peu après le décollage, lorsque la cabine s’était remplie de « fumée »… Loin d’être un problème, c’était simplement le système de climatisation qui, en raison de l’humidité élevée de l’air, produisait d’abord un brouillard frais dans la cabine.

Le petit îlot rocheux, situé dans la baie et devant la zone d’atterrissage, était le repère parfait pour initier la prise de vitesse sous voile de hautes performances. Photo Ewan Cowie

La vue était tout aussi agréable que l’air frais de la cabine. De petites îles vertes avec des plages blanches dans une mer d’un bleu infini sous un ciel tout aussi infini, décoré ici et là de nuages blancs. Le seul vrai problème était qu’il fallait décider avant d’embarquer avec quel load-organizer on voulait sauter. Car l’offre était aussi qualitative que variée. Pete Allum pour les relativeurs, Karine et Greg, Omar Alhegelan et Will Penny pour les freeflyers. Le co-inventeur du Freefly, Omar, a aidé les relativeurs – sous la direction de Pete – à écrire les lettres S E Y C H et L dans le ciel, au cours de trois sauts séquentiels. Le mot SEYCHELLES a ensuite été reconstitué par l’ajustement des photographies. Karine Joly a tout d’abord fait son approche à plat pour apponter deux relativeurs, (ils n’avaient chacun que 250 sauts environ), puis s’est accrochée à leur sangle de poitrine pour se mettre en position debout : l’hybride était prêt. Leurs sourires radieux en disaient long, tant était grand le plaisir de sauter au-dessus du paradis.

Après l’ouverture, le plaisir n’était pas terminé. La vue sur la mer et les îles était grandiose. Comme il se doit, lors du dernier saut de la journée, une caisse de bière glacée attendait les sautants sur la plage.

Grâce à la température agréable, les tenues de saut sont légères. De la Norvège au Brésil, les participants venaient de nombreux pays à travers le monde. Photo Ewan Cowie

Les Seychelles ne se situant qu’à 7 degrés en dessous de l’équateur, il faisait nuit à 19 heures précises, l’heure du dîner. Mais l’obscurité précoce réservait aussi quelques surprises. Nombreuses sont les tortues géantes en liberté, et si, après le dîner, on voulait raccourcir la distance entre son bungalow et le restaurant en quittant les chemins éclairés, on pouvait facilement trébucher sur l’une d’entre elles. Pendant la journée, leur fonction est de servir de tondeuses à gazon. La nuit, elles traînent devant la dropzone ou dans le complexe hôtelier et ressemblent à des rochers.  Les quelques chiens également présents sont toujours ravis de recevoir quelques caresses.

Que ce soit dehors dans l’herbe ou à couvert sur un tapis, chacun avait le choix pour faire ses pliages. Et pour ceux qui ont terminé, il ne reste que 20 mètres à parcourir pour se rafraîchir dans la mer. Photo Ralph Wilhelm

Même ces chiens errants sont traités avec gentillesse par les habitants et donnent à tous l’impression d’être bien nourris. Un point qui en dit long sur la mentalité des habitants des Seychelles. Tout comme la dropzone et le complexe hôtelier, le pays tout entier est d’une propreté exemplaire. D’autres pays à cette latitude nous ont habitués à la triste vision de nombreux déchets sur et à côté des routes. Les Seychelles constituent une exception puisqu’il n’y a aucun déchet ni au-dessus ni en dessous de l’eau. Le fait que les habitants prennent soin de leur paradis a été remarqué de manière extrêmement positive par de nombreux participants.

Voici le premier groupe de parachutistes à avoir atterri sur l’île de La Digue. La plus basse des trois plages sur la photo est la zone d’atterrissage. Photo Ralph Wilhelm

Le quatrième jour de saut, les organisateurs (www.skydive.sc) ont fait encore mieux : Un saut à La Digue. La quatrième plus grande île des Seychelles possède des baies qui pourraient sortir tout droit d’un prospectus touristique. La plage d’un blanc éblouissant, les gros rochers de granit, les palmiers, les noix de coco…Si parfait que cela en devient presque kitsch. Et pour couronner le tout, des parachutistes qui n’avaient encore jamais atterri sur cette île. Après ce magnifique saut, et comme il n’y a pratiquement pas de voitures sur l’île, nous sommes allés à vélo de la zone de posé sur le côté est de l’île, direction le ferry sur la côte ouest. Par 30 degrés, il fallait bien sûr franchir une colline. Certains participants ont donc transpiré à grosses gouttes. Pour se rafraîchir, la brise de mer a fait du bien, lors du retour en bateau.

Le dernier jour, un saut magnifique a pu être fait. Les couchers de soleil étaient tous tellement beaux vus du terrain qu’il fallait absolument en voir un d’en haut. Quatre champions du monde (Karine, Greg, Omar et Will), trois autres participants et un videoman ont pu vivre cette magnifique expérience en headdown. La bière servie directement au posé, après ce dernier saut de la journée, n’en fut que plus savoureuse.

Le dernier saut du boogie. Un sunset parfait avec quatre champions du monde (Karina, Greg, Omar et Will), trois participants (non visibles sur la photo) et un cameraman heureux. Photo Ralph Wilhelm

 

*Ce n’est pas la première fois qu’un rassemblement parachutiste est organisé aux Seychelles, il y a déjà eu deux épisodes “Innhopp Project”, le premier était en mars 2020, le deuxième en février 2022 et le troisième s’est déroulé juste après le boogie Colors of Seychelles. La cérémonie de clôture du boogie et la cérémonie d’ouverture de “Innhopp Project” volume 3 aux Seychelles se sont déroulées en même temps.
Pour plus d’infos sur le “Innhopp Project”, lire les articles “L’aventure Innhopp en Namibie“, édition ParaMag 384 de mai 2019 et “Un pont sur le fleuve Orange“, édition ParaMag 392 de janvier 2020.

 

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