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AG de la FFP

"Baptême du feu" pour la nouvelle équipe dirigeante

Comme vous le savez peut-être déjà, trois décisions essentielles, et qui concernent la majeure partie des parachutistes, ont été votées par la récente AG de la fédération : augmentation de 10% de l’ensemble des licences individuelles, licences des moniteurs tandem et PAC portée à 500 euros et rétablissement de la cotisation-école pour les centres agréés.
Pourquoi et comment ces augmentations sont-elles arrivées ?
Retour sur le déroulement de la 87ème assemblée générale de la FFP qui s’est déroulée le samedi 6 novembre dernier au C.N.O.S.F., avenue de Coubertin à Paris.

Texte et photos par Bruno Passe

La dernière fois que l’assemblée générale s’était réunie dans cette vaste et belle salle du C.N.O.S.F., c’était le samedi 14 mars 2020, quelques jours avant le premier confinement national en France, qui fût annoncé dès le lundi 16.

Un an et un mois plus tard, le 10 avril 2021, c’est en visioconférence que la 86ème AG était organisée, crise sanitaire oblige. Une AG qui était hors norme à plus d’un titre, puisqu’elle était aussi élective, que pour la première fois dans l’histoire de la FFP le scrutin s’appuyait sur un vote électronique et que, pour la première fois depuis 12 ans, les dirigeants/votants avaient le choix entre deux listes candidates aux élections d’un nouveau bureau directeur et d’un nouveau comité directeur de la FFP.

La suite est connue, et pour ceux qui ne la connaissent pas ou qui voudraient replonger dans les détails de la victoire de la liste “Autonomie et confiance”, c’est désormais possible grâce à l’Intégrale ParaMag, en suivant ce lien.

Depuis le 30 avril 2021, date de la passation des pouvoirs à la nouvelle équipe dirigeante, la FFP est présidée par Yves-Marie Guillaud, à la tête d’un nouveau bureau directeur et d’un nouveau comité directeur. Ou presque… Nous y reviendrons ci-dessous.

L’ordre du jour de cette AG dite “ordinaire” ne l’était pas tant que ça, surtout au mois de novembre : budget prévisionnel 2021, contrats d’assurance, tarifs des licences 2022 et questions diverses. Elle a été suivie, le jour même et au même endroit, de la 87ème AGE (AG extraordinaire) pour modifications des articles 12 et 17 des statuts de la FFP.

En quoi était-il nécessaire de réunir une assemblée générale le 6 novembre et pourquoi faire voter si tardivement le budget 2021 ?

Cette AG du 6 novembre était dite “intermédiaire”, c’est la future AG qui aura lieu début 2022 qui validera l’année en cours. Le président Yves-Marie Guillaud a rappelé que l’actuel comité directeur a pris ses fonctions le 1er mai 2021 après son élection lors de l’AG du 10 avril 2021. Durant cette AG en visioconférence, le comité directeur précédent avait présenté et fait valider un budget prévisionnel s’arrêtant au 30 avril 2021, date de sa fin de fonction.

C’est donc l’équipe dirigeante précédente qui a créé cette situation où la saison s’est entamée, avec les dépenses correspondantes, sans qu’un budget prévisionnel ait été voté pour la période correspondante, du 1er mai au 31 décembre 2021.

Précisons que le précédent comité directeur avait la possibilité, lors de l’AG d’avril 2021, de préparer un budget prévisionnel pour l’année entière. Charge au nouveau comité directeur de soumettre à l’AG, si nécessaire, une modification de ce budget prévisionnel. Mais tel n’a pas été le cas, et tout aussi illogique qu’il y paraisse, il était donc nécessaire de faire voter ce budget prévisionnel 2021 en novembre, et c’est ce qui a été fait.

Le budget prévisionnel 2021 a été adopté par un vote à : 5090 voix “pour” – 120 voix “contre” – 2040 “abstentions”.

Le sujet suivant à l’ordre du jour de l’AG était la présentation des nouveaux contrats d’assurance. Mais des demandes d’intervention sont apparues dans la salle…

 

“Que se passe-t-il à la tête de la FFP ?”

C’est la question posée par Marie-Claude Feydeau, présidente d’honneur et ex-candidate, dont la liste a été battue quelques mois plus tôt. Sa question était justifiée par l’existence d’une lettre anonyme qui a circulé (par SMS) parmi certains dirigeants FFP et dirigeants de centre, quelques semaines avant l’AG, une lettre qui met en cause la nouvelle gouvernance fédérale.

La question arrivant tôt dans le déroulement de l’AG, et perturbant donc l’ordre du jour, le président Yves-Marie Guillaud aurait très bien pu la “botter en touche” et la repousser aux questions diverses, en fin d’après-midi.

Mais comme cette nouvelle équipe dirigeante s’attendait au pire, et qu’elle a été élue sur le thème de l’autonomie et de la confiance, Yves-Marie Guillaud a décidé de répondre et il a expliqué la situation.

Elle se résume par une mésentente entre certaines personnes, dont le vice-président et le président. Il faut rappeler que la nouvelle équipe s’est créée et a commencé à travailler en pleine crise sanitaire, donc à distance et en visioconférence. C’est une fois sur le terrain que les difficultés sont apparues. Elles sont telles que, le 29 juillet dernier, le vice-président a déclaré qu’il ne travaillerait plus. Parallèlement, un membre du comité s’est aussi mis complètement en retrait.

Pour autant, ni l’un ni l’autre n’ont l’intention de démissionner. Finalement, et comme l’a expliqué Gillian Rayner (membre du bureau directeur de la FFP et par ailleurs présidente de la CIP, commission parachutiste internationale au sein de la FAI ), c’est une situation assez courante dans les fédérations, elle s’est déjà produite à plusieurs reprises à la tête de la FFP, et cela n’empêche pas les autres membres du bureau et les autres membres du comité de travailler ensemble.

Une fois ces explications exposées franchement, là encore le président Yves-Marie Guillaud aurait pu s’en remettre à l’ordre du jour et clôturer les débats. C’est l’option contraire qu’il a prise, laissant le débat ouvert lorsque David Roth, intervenant lui aussi en tant que président d’honneur de la FFP, a demandé à prendre la parole. Et la suite a démontré que, comme le dit si bien Claude Lelouch, “Le pire n’est jamais décevant”.

Estimant nécessaire de préciser “je ne suis pas le corbeau”, le président d’honneur David Roth a renchéri rapidement au sujet de la lettre anonyme et du fait que, selon lui, les statuts de la F.F.P. ne seraient pas respectés à cause de soi-disant dysfonctionnements administratifs à la tête de la fédération. Ces dysfonctionnements concerneraient la rédaction de convocations et de comptes rendus, des modalités relatives aux réunions du bureau directeur et du comité directeur, etc.

 

Invalidation de l’AG !?

C’était donc ça : le tandem Roth / Feydeau s’est reformé sur le banc de l’opposition, bien sûr dans un souci affiché de “préserver la fédération d’un dysfonctionnement avéré”. À l’issue de son monologue de dix minutes (montre en main !) David Roth a annoncé leur projet : “demander l’invalidation de l’AG en écrivant au ministère de tutelle pour dénoncer ces dérives.” Rien que cela.

Spectacle affligeant de voir les ennemis d’hier assis côte à côte, et puis aussi face à face pour le déjeuner… L’opposition a même pris la forme d’un trio, puisqu’un troisième président d’honneur s’est joint (virtuellement, car absent de l’AG) au tandem : François Bouteloup.

Mais en quoi faire invalider l’AG pourrait-il aider la fédération à mieux fonctionner ? Sur le coup, que fallait-il penser de cette annonce ? Coup de théâtre, coup fourré, ou coup de bluff ?

Photo Bruno Passe

Dans son texte Iconoclaste intitulé “Si j’étais président…” publié dans le ParaMag n°396 de mai 2020, Yves-Marie Guillaud citait Sénèque : «C’est pendant l’orage qu’on connait le pilote», avant de conclure “Si j’étais président…mais je ne le suis pas”. Maintenant qu’il a été élu président, et tandis que l’opposition “secouait le navire”, tentant de faire chavirer l’AG, l’occasion fut donnée à Yves-Marie Guillaud de montrer comment il tient la barre.

Le président de la FFP s’en est remis à l’AG souveraine, après avoir déclaré qu’il était prêt, si c’était le choix retenu par l’assemblée, d’en arrêter là, dans la mesure où les votes pourraient être remis en question par une éventuelle invalidation. Réactions vives et immédiates dans la salle, notamment par certains présidents de ligue. L’un d’entre eux, venu de très loin, a demandé la parole pour exprimer son mécontentement face à ce qu’il a qualifié de perte de temps, et concluant par “Cela fait une heure que l’on discute du sexe des anges, quand allons-nous passer aux choses sérieuses ?”

Et des choses sérieuses, il y en avait à l’ordre du jour : augmentation des tarifs d’assurance, suppression de la cotisation-école (sujet mis au vote par l’équipe sortante lors de l’AG d’avril 2021, sans qu’il soit à l’ordre du jour…) et baisse des licenciés en 2020. Des “choses” qui font que la FFP doit faire face à un manque de recettes et à des dépenses supplémentaires.

Après d’autres échanges, l’AG a pu exprimer à l’unanimité son choix de poursuivre sur l’ordre du jour, qui a donc été repris. Mais plus d’un mois après cette AG houleuse, qu’en est-il de la demande d’invalidation ?

Dans une lettre datée du 15 novembre et adressée aux dirigeants de structures, le président de la FFP donnait quelques informations et explications sur la lettre de demande d’invalidation et ses conséquences :

“…/… Le lundi 8 novembre au matin, le DTN était averti par le Ministère des Sports de la réception de la lettre annoncée. J’en ignore le contenu exact, car personne ne m’en a rendu destinataire.

Le lundi 8 novembre après-midi, le DTN a eu un entretien téléphonique avec le sous directeur de la Direction des Sports. En complément de cet appel téléphonique, le directeur des sports a demandé au DTN de rédiger un rapport circonstancié sur les faits reprochés par les présidents honoraires (David Roth, Marie-Claude Feydeau et François Bouteloup).

Le rapport a été envoyé le 8 novembre et, à ce jour, aucune intervention quelconque des services de l’état n’a été faite à l’encontre de la fédération.

L’invalidation est un terme qui signifie en réalité annulation. Une demande d’annulation ne peut être portée qu’en justice après conciliation et n’est pas, sauf erreur, du ressort du Ministère.

Par précaution, j’ai décidé le lundi 8 novembre de suspendre provisoirement l’exécution des mesures votées par l’assemblée générale, notamment en exécution de la validation du budget prévisionnel.

À ce jour, compte tenu de l’absence d’autres éléments, les décisions de l’assemblée générale sont mises en exécution. Les structures concernées recevront du DTN adjoint un email précisant les modalités d’obtention du solde des aides fédérales prévues par la COI…./…”

Au final, cette tentative d’invalidation de l’AG n’était autre qu’un coup bas. Coup bas qu’un président de ligue a commenté de la sorte : “Les présidents d’honneur se sont déshonorés.”

Le coup de vent étant passé, et la fédération ayant expliqué à l’AG qu’une réorganisation était en cours sur le côté administratif, il est temps maintenant et ici de revenir sur les décisions qui ont été prises et dont certaines impactent directement la pratique parachutiste du plus grand nombre.

Photo ci-dessus : Cette AG était aussi le “baptême du feu” pour la nouvelle équipe dirigeante. De gauche à droite: Isabelle Deschamps (secrétaire générale), Yves-Marie Guillaud, (président) et Danielle Marquez (trésorière). À droite, Jean-Michel Poulet, directeur technique national. Photo Bruno Passe

Trois décisions essentielles

Rappelons les trois décisions essentielles qui ont été adoptées par l’AG :
rétablissement de la cotisation-école sur les mêmes modalités que le 10 avril 2020,
participation de 500 euros sur leurs licences pour les moniteurs tandem et PAC,
augmentation de 10% de l’ensemble des licences.

Préalablement à l’AG, et afin qu’ils puissent préparer leurs décisions de façon démocratique, les dirigeants/votants avaient reçu de la FFP un résumé de la situation, (expliquant que la fédération doit faire face en 2022 à un défi financier, son futur budget étant amputé de 820.000€) et une liste de proposition d’économie et de financement.

Voici les trois postes principalement impactés :

Cotisation-école : L’assemblée générale du 10 avril 2021 a voté la suppression définitive de la cotisation-école. La perte de recettes se monte à 180.000€ environ.

Assurances : Après négociation par SAAM, le courtier de la FFP dont le contrat a été renouvelé par le président en fonction le 17 mars 2021 (David Roth), le montant global des assurances (avions, professionnels, tandem, pratiquants) hors assurance rapatriement passera environ de 730.000€ à 970.000€, soit une augmentation de 240.000€.

Licences-assurances : Les licences-assurances sénior-vétéran ont chuté de 10.000 à 7.500 environ entre 2019 et 2020, et sont restées à 7.500 en 2021 de sorte qu’il ne faut guère espérer une remontée significative en 2022. La perte de recettes est de 2.500 x 159€ = 397.500€, arrondis à 400.000€.

C’est donc sur cette base que les débats et les votes de l’AG se sont fondés.

Pour celles et ceux qui s’intéressent à la vie fédérale, rappelons que le compte-rendu de l’AG est disponible auprès des structures agréées.

L’augmentation la plus importante à laquelle il faut faire face vient des assurances : 240.000€ d’augmentation au futur contrat et 400.000€ de perte de recettes.

Photo ci-dessus : Laurent Haumont, représentant de la société SAAM Verspieren, courtier de la F.F.P, intervient au sujet des assurances.
Photo Bruno Passe

Des explications sur l’augmentation ont été fournies à l’AG par Laurent Haumont, au nom de la société SAAM Verspieren, courtier de la F.F.P. chargé de la négociation des contrats et de leur suivi auprès des assureurs potentiels. Il a confirmé qu’un seul assureur acceptait le risque fédéral et que toutes les assurances voyaient leurs primes augmenter dans tous les domaines aéronautiques et dans des proportions considérables. Il a précisé que l’augmentation de la prime concernant la F.F.P. était également due à une sinistralité importante ces dernières années, avec des provisions pour risque que l’assureur a dû réaliser pour des montants dépassant les primes perçues.

Yves-Marie Guillaud a ajouté que l’assurance rapatriement Europe Assistance, dont le coût était précédemment d’environ 100.000 € par an, ne serait vraisemblablement pas renouvelée pour compenser en partie l’augmentation considérable de la prime d’assurance RC.

Suite des votes

Une fois ces explications données, et les réponses apportées aux questions de l’assemblée, il était temps de passer à la suite des votes, conformément à l’ordre du jour.

Le vote suivant concernait les tarifs des licences assurance. Étant donné l’ampleur de l’augmentation à laquelle il faut faire face, il était nécessaire de procéder catégories par catégorie : licences tandem, licences moniteur professionnel et licences pratiquant.

Avant cela, un rappel a été fait sur le courrier de présentation préalable et sur les trois postes impactés : cotisation-école, assurances et licences-assurances.

L’AG a alors souhaité que le sujet du rétablissement de la cotisation-école soit porté à l’ordre du jour. Yves-Marie Guillaud a expliqué qu’il n’avait pas proposé ce choix étant donné que c’est l’AG elle-même qui avait voté pour sa suppression sept mois auparavant et qu’il respectait donc l’expression démocratique qui s’était manifestée à cette date.

Après divers débats, l’AG a maintenu son souhait de procéder à un vote sur le rétablissement (ou non) de la cotisation-école à l’identique de celle supprimée, avec la même assiette et les mêmes modalités de calcul.

Le résultat du vote est le suivant : 6600 voix “pour” – 490 voix “contre” – 160 “abstentions”.

Il était alors temps de revenir à l’ordre du jour initial, dont les votes des tarifs des licences. Ces votes ont été découpés en trois tranches : moniteurs PAC et/ou tandem, pratiquants tandem, pratiquants individuels.

Tarifs des licences assurance des moniteurs PAC et/ou tandem

Le président a d’abord rappelé “qu’en 2021 les moniteurs PAC et/ou tandem payaient la même licence assurance que les pratiquants, alors que le risque de responsabilité civile assuré est considérablement plus important et donc plus onéreux”.Il a aussi expliqué “que les moniteurs qualifiés uniquement PAC pourraient être exclus d’une augmentation afin de favoriser le corps de métier qu’est l’enseignement à la pratique du parachutisme par rapport au saut de découverte qu’est le tandem.”

Les débats de l’AG ont été à nouveau ouverts. Il en est ressorti le souhait que l’augmentation envisagée s’applique à tous les moniteurs PAC et/ou tandem, quel que soit leur domaine, donc à tous les moniteurs qualifiés tandem et tous les moniteurs qualifiés PAC.

Les débats se sont ensuite étendus sur le montant de la licence assurance et plus particulièrement de son assurance. Il a été décidé de procéder à un vote sur l’hypothèse d’une licence assurance pour les moniteurs PAC et/ou tandem pour un montant total de 500 €.

Le résultat du vote est le suivant : 6520 voix “pour” – 640 voix “contre” – 90 “abstentions”.

Par son vote, l’assemblée générale a donc décidé que la licence assurance des moniteurs PAC et/ou tandem sera d’un montant total de 500 € pour l’année 2022.

Licence assurance tandem

Rappelons que la licence assurance tandem est gratuite depuis 2010. Yves-Marie Guillaud, dans son article de l’époque intitulé “Réflexion de l’Iconoclaste sur le vote de la cotisation-école 2012” et publié dans le ParaMag n°299 d’avril 2012, expliquait cette décision prise par l’AG en 2009 :

“Pour comprendre son origine il faut remonter à l’AG de la FFP de novembre 2006 qui a été réunie pour statuer sur le tarif de la licence tandem, alors à 25,60 euros, qu’il était question de ramener à 10 euros pour contrer l’hémorragie en faveur d’une pratique hors FFP. L’AG a décidé de l’augmenter à 28,20 euros!!! Cette décision de l’AG a été ici qualifiée de “calamiteuse”. Calamiteuse elle était, puisque le clash actuel sur la cotisation-école en est la conséquence.

L’actuelle équipe dirigeante, aussitôt élue en 2009, se devait de corriger ce qui était ressenti comme une taxation inique des prestations tandem à tel point que les écoles souscrivaient massivement à une autre assurance tandem pour éviter de souscrire à l’onéreuse licence-assurance tandem de la FFP. Le Comité Directeur (CD) a aussitôt décidé d’un tarif de licence tandem à zéro euro, c’est-à-dire gratuite, applicable dès 2010.”

Depuis lors, la licence tandem est restée gratuite. Elle permet la fourniture d’une assurance RC, dont la souscription incombe aux structures qui les organisent, conformément au Code du Sport.

Les débats de l’AG ont été à nouveau ouverts et ils se sont orientés sur le sujet de la charge de travail que génère la saisie de ces licences, et que dénoncent certaines structures. Le président a présenté une solution facilitant la saisie de ces licences, et fonctionnant grâce à une pré-saisie informatique à réaliser par les futurs licenciés eux-mêmes. Cette solution pourrait être mise à disposition de toute structure souhaitant l’utiliser. Suite aux nombreux échanges sur les avantages et inconvénients de cette solution, il a été proposé de représenter ce sujet ultérieurement.

Les débats ont repris sur le coût éventuel de la licence assurance tandem, et le président a proposé un montant total de 12 € pour la licence assurance tandem.

Les débats se sont prolongés tant sur le principe que sur le montant, dans une fourchette de 5 à 10 €. Une fois les débats terminés, il a été mis au vote une licence assurance tandem d’un montant total de 5 €.

Le résultat du vote est le suivant : 3600 voix “pour” – 3410 voix “contre” – 240 “abstentions”.

La proposition d’une licence assurance tandem payante n’a donc pas été retenue par l’AG et elle restera gratuite pour l’année 2022.

 

Tarifs des licences assurances pratiquant

L’ultime option pour tenter de combler le déficit portait sur les tarifs des licences assurances des pratiquants, qui ont fait l’objet du dernier vote.

Le président a proposé “de porter l’augmentation uniquement sur les licences assurance des séniors et des vétérans. Les licences des plus jeunes ne seraient pas concernées par la hausse, afin de favoriser l’attrait de la pratique sportive.”

Les débats ont repris et l’AG a exprimé son vœu de faire participer toutes les catégories de licenciés à l’effort financier. Tous les types de licence seraient donc impactés, à l’exception des moniteurs PAC et/ou tandem dont le tarif venait déjà d’être voté à la hausse.

Les débats se sont poursuivis sur les montants et sur les modalités de l’augmentation. Plutôt que d’appliquer un montant, l’AG s’est exprimée en faveur d’un pourcentage d’augmentation afin que chaque catégorie de licence augmente de façon proportionnelle. Et c’est un pourcentage de 10 % qui a été retenu par l’AG et mis au vote.

Le résultat du vote est le suivant : 5540 voix “pour” – 1480 voix “contre” – 320 “abstentions”.

La résolution a été adoptée et le tarif de toutes les licences assurance 2022 sera augmenté de 10 % (arrondi à l’euro inférieur ou supérieur) par rapport au montant de 2021.

Tableau ci-dessus : Comparaison des tarifs licences FFP entre 2022 (tableau de gauche) et 2021 (colonne de droite). Seule la part assurance RC augmente par répercussion de la hausse des primes (environ 30%) à payer par la FFP auprès de l’assureur. Les autres postes restent identiques et la fédération ne perçoit rien de plus qu’en 2021.

La nouveauté : une AG interactive

Voilà donc pourquoi et comment trois hausses majeures ont été décidées par l’AG pour 2022 et elles vont impacter tout le monde : pratiquants individuels, instructeurs et centres-écoles.

Toute augmentation est rarement populaire, et même si celles-ci ont été généralement bien comprises, elles n’ont pas manqué de provoquer des réactions, parfois négatives, sur les réseaux sociaux.

Pour autant, ces augmentations ne doivent pas masquer une grande nouveauté dans le fonctionnement fédéral : l’AG du 6 novembre était avant tout une réunion interactive, ou participative, méthode inédite à la FFP. Contrairement à ce qui se faisait avant, il ne s’agissait pas de voter sur des tarifs prédéterminés et décidés au préalable et unilatéralement par un comité directeur, voire par un bureau directeur et des jeux de pouvoir.

Comme l’expliquait Yves-Marie Guillaud sur le groupe Facebook “La Fédé et vous” (groupe public, donc ouvert à tous) : “Il s’agissait de co-construire ensemble (Assemblée générale et Comité directeur) les nouvelles tarifications , de les élaborer à partir de l’analyse et des différents scénarios proposés par le Comité directeur, l’AG ayant par son vote l’entière liberté du choix final.

Exercice sans filet, à commencer par le Comité directeur qui devait susciter, encadrer, parfois recentrer, et synthétiser les débats pour proposer le vote final.

Vote final qui n’est pas du tout similaire aux propositions du Comité directeur, mais qui reflète la volonté de l’AG, c’est-à-dire des représentantes et représentants de l’ensemble des licenciées et licenciés. Exercice particulièrement démocratique, donc.

La procédure interactive et participative employée sera renouvelée autant que faire se peut, en l’améliorant à partir de cette 1ère expérience.”

Pour autant tout n’est pas résolu, comme l’expliquait par ailleurs Yves-Marie Guillaud, dans un courrier officiel adressé aux structures, après l’AG :

“Les premières projections de ces nouveaux tarifs appliqués au nombre de licenciés 2021 font état d’une insuffisance prévisionnelle de l’ordre de 100.000 euros. La FFP devra abonder au coût des assurances sur son budget propre, sauf si le nombre de licenciés augmente. La FFP compte donc sur vous pour favoriser le développement de nos sports et par conséquent la souscription de la licence-assurance fédérale.”

Il précisait également que “L’augmentation des licences-assurances est exclusivement la conséquence de l’augmentation du coût des assurances qui a été exposée par le courtier lors de l’assemblée générale.”et que “la part fédérale n’a pas été modifiée par rapport à l’année 2021, pas plus que la part de l’assurance individuelle accident et des contributions au fonds de solidarité et au fonds de nuisance.”

Quant au rétablissement de la cotisation agrément école, la base de calcul étant le nombre de sauts, encore faudrait-il que tous les centres déclarent leur nombre exact pour que cette décision s’avère pleinement efficace.

En guise de conclusion sur cette AG, qui était bel et bien un “baptême du feu” pour la nouvelle équipe dirigeante, nous partageons ici le témoignage de deux présidents de ligue (des témoignages signés, mais pour lesquels nous faisons le choix de ne pas publier les noms sur Internet) :

“Le nouveau bureau a proposé des solutions…et pour une fois depuis des décennies laissé l’assemblée générale décider lors du vote. Après, il n’y avait pas de solution idéale…et au moins la démocratie a pu s’exprimer”.

“Ne vous découragez pas, même si ce n’est pas parfait, ce que vous faites est bien. Et David et Marie-Claude se discréditent”.

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Relations avec les professionnels

Yves-Marie Guillaud a manifesté son souhait d’aller vers un apaisement dans les relations entre la FFP et les parachutistes professionnels : “L’idée est de trouver un terrain d’entente et d’entamer des discussions. Je souhaite entamer le chemin avec les parachutistes professionnels, je ne sais pas où cela va mener : loin, modérément loin ou pas loin du tout, je ne sais pas si ce terrain d’entente sera large ou réduit, mais nous allons l’entamer. J’ai déclaré la même chose hier lors de l’AG de la FEPP et cela a été très bien reçu.”

Concrètement cela a commencé par une demande auprès des assureurs pour tenter de mutualiser les flottes avion. Et cela a continué en débutant un travail commun sur le projet d’arrêté ministériel que la DGAC met en œuvre au sujet du pliage des parachutes de secours. Projet qui était déjà bien avancé, mais pour lequel la DGAC consultait chaque parti séparément.

Photo ci-dessus : Des professionnels reviennent participer à l’AG. Sur cette photo, Charly Baum, représentant de la SAS Inter-DZ et de la SARL Packplus.
Photo Bruno Passe

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 Assurance rapatriement

Comme évoqué lors de l’AG, l’assurance rapatriement n’est plus comprise systématiquement dans la prise de licence-assurance annuelle et individuelle. Auparavant, tout parachutiste licencié en bénéficiait, même s’il n’allait jamais à l’étranger, et le coût pour la FFP était de 100.000€ (hors augmentation pour 2022). C’est devenu une option payante à souscrire individuellement au tarif de 50 euros.

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Communication fédérale

La nouvelle équipe fédérale communique beaucoup via son groupe Facebook “La Fédé et vous”. Il est très actif, à titre d’exemple, un post récent sur les tarifs des licences-assurances a généré 147 commentaires et 16 partages.

C’est dans l’air du temps et c’est aussi dans la continuité du groupe qui fut créé pour la campagne électorale. C’était alors le moyen le plus économique et le plus fiable pour que la liste puisse communiquer de façon indépendante.

Maintenir ce groupe, qui rassemble actuellement 1900 membres, est aussi un moyen de limiter les coûts de la communication fédérale mise en place par l’équipe précédente et d’un tarif annuel de 55.000€ (hors Erasmus), soit un peu plus de 4500€ par mois. La société Phoebus reste titulaire de ce contrat juteux jusqu’au 31 décembre 2021, car le bureau précédent l’avait renouvelé jusqu’à la fin de cette année.

Pour 2022, c’est un budget ramené à 20.000€ qui a été retenu comme base de réflexion par la nouvelle équipe dirigeante.

Lien vers le groupe Facebook “La Fédé et vous”

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D’autres économies…

Il n’y a pas que le coût des licences-assurances à servir de levier pour équilibrer autant que possible le budget de la fédération et faire des économies.

Le coût net des championnats de France toutes disciplines (comme ceux qui ont été organisés à Vichy durant des années), ajouté au coût net des colloques annuels (comme ceux qui ont été organisés à Talmont durant des années), s’élevait à un montant d’environ 110.000€ pour la FFP.

Effet positif de la crise sanitaire en termes d’économies réalisées, certains de ces événements n’ont pas été organisés en 2020 et 2021. Et la fédération a visiblement décidé de continuer à économiser sur le sujet en 2022, puisque cette année encore, les championnats de France se dérouleront séparément sur des centres et non pas en mode multidisciplines, comme à Vichy.

Concernant le calendrier de ces championnats de France, seules les dates sont connues pour le moment, sur la base de l’appel d’offres lancé par la FFP en octobre dernier. Même si certains lieux de compétitions sont déjà fixés, d’autres restent à déterminer, mais l’appel d’offres donne une idée précise du calendrier qui ne devraient pas changer (sauf cas de force majeure, bien entendu).

De même, il n’y aura pas de “grand” colloque type Talmont, aux magnifiques “Jardins de l’Atlantique”, mais un simple “séminaire des directeurs techniques et moniteurs FFP”, au CREPS d’Aix-en-Provence.

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Photo ci-dessus : Lors de l’AG, le président de la FFP a remis, la médaille d’or de Jeunesse et Sport à Pierre Fromentin, président de la Ligue Auvergne – Rhône-Alpes et ancien président du Centre-école de parachutisme de Grenoble. Plus d’infos sur le site de la FFP
Photo Bruno Passe

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