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La mission Red Bull Starman

Sebastián Álvarez en vol vers un triple record du monde


En attendant que cela devienne officiellement trois records du monde FAI, c'est d'abord un exploit sportif, une première mondiale et une multiple performance réussie dans le ciel du Tennessee. Sebastián Álvarez, célèbre parachutiste chilien et athlète Red Bull, a sauté en combinaison ailée (wingsuit) à 12.640 mètres d'altitude, son vol a duré 11 minutes et 1 seconde, sur une distance de 53,48 km et il a atteint la vitesse de 550 km/h.

Texte par Bruno Passe, d'après une interview de Sebastián Álvarez, par Red Bull Content

L'objectif de la mission Red Bull Starman était de battre le plus de records FAI (fédération aéronautique internationale) possible en un seul saut et dans la catégorie wingsuit. "Dans les faits, il s'agissait de sauter le plus haut possible, de voler le plus loin possible et le plus vite possible, équipé d'une combinaison ailée" a déclaré Sebastián 'Ardilla' Álvarez, quelques heures après son exploit.

Expert du vol de précision et de la ressource en wingsuit, BASE jumper, ancien pilote de chasse dans l'armée de l'air chilienne et passionné de surf, c'est en tant qu'athlète Red Bul totalisant 10.700 sauts que Sebastián Álvarez avait déjà eu l'occasion de médiatiser ses divers talents aériens.`

Sebastián Álvarez pose pour la photo, avec les chiffres de ses records à bout de bras. Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

Ce parachutiste de l'extrême est déjà connu pour avoir réussi de précédents exploits. En octobre 2021, il survolait en wingsuit le volcan Villarica, au Chili, dans son pays natal. Plus qu'un survol, il s'agissait d'un vol de proximité dans le cratère du volcan, alors qu'il était en activité (voir article "La ressource en wingsuit" paru dans ParaMag le 1er avril 2022).

En mai 2024, il traversait en wingsuit le drapeau chilien au sommet de la colline de Manquehue, au Chili (voir photo ci-dessous). Il s'agit d'un site de randonnée très réputé, avec une vue imprenable sur les Andes et sur la ville de Santiago. Sebastián Álvarez connait bien cet exercice de précision en wingsuit, car il participait à la WWL (World Wingsuit League China Grand Prix) à Tianmen Hole, une compétition de wingsuit initiée en 2015 et dont certaines épreuves consistent à traverser des cibles de papier en volant en wingsuit.

Sebastián Álvarez en vol balistique au sommet de la colline de Manquehue, au Chili. Photo Jean-Louis de Heeckeren

En septembre 2024, il réalisait une première, un exploit un peu plus léger et décontracté, mais néanmoins inédit… Après avoir sauté d'un hélicoptère à 3600 mètres et effectué une chute libre avec une planche de surf aux pieds, il arrivait en flare sous son parachute, surfant longuement la grande vague artificielle de l'île d'Hudayriyat (Surf Abu Dhabi), aux Émirats arabes unis (voir la galerie photo en page suivante). Bon, c'est vrai que Patrick de Gayardon le faisait déjà, dans les années 1990, mais sur des sites naturels, donc avec des trajectoires beaucoup moins longues !

Au début du mois de mars 2025, soit quelques jours seulement avant son exploit dans le Tennessee, on le retrouvait avec une quarantaine d'autres athlètes Red Bull (dont une douzaine de parachutistes) participant au Red Bull’s Global Aerial Performance Camp à West End Point, aux Bahamas (voir article "Red Bull’s Global Aerial Performance Camp" paru dans ParaMag le 3 avril 2025 ). Une sorte de camp annuel d'entraînement et de cohésion, qui regroupe pilotes et athlètes Red Bull du monde entier pour divers exercices aériens, dans une ambiance plutôt ludique.

Quelques jours plus tard, en cette date historique du 22 mars 2025, à West Tennessee Skydiving, le centre de parachutisme de Whiteville, aux États-Unis, et sous l'observation officielle de la FAI, l'ambiance était plus stoïque.

Concentration avant le décollage pour le saut à à 12.640 mètres, près de Memphis, Tennessee. Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

Un saut à plus de 12 kilomètres de haut, sous oxygène et en combinaison ailée, n'est évidemment pas à prendre à la légère. Et encore moins lorsqu'il s'agit d'établir plusieurs records du monde en même temps.

"Nous avons commencé à envisager cette tentative de records il y a sept ans environ" raconte Sebastián Álvarez. "Et nous avons commencé à l'organiser il y a deux ans : il nous a d'abord fallu choisir le lieu, le type de matériel, wingsuit et avion, et la période durant laquelle nous allions lancer la tentative."

C'est la DZ de West Tennessee Skydiving qui a été choisie, elle est située à 65 km de Memphis. Elle est dotée d'un avion de type Cheyenne 400LS, un turbopropulseur au taux de montée parmi les plus rapides au monde, et certifié pour les records FAI. Il est équipé de deux moteurs de 1.645 CV et c'est un des rares avions au monde, voir le seul, à pouvoir effectuer des largages de parachutistes civils à 12.500 mètres d'altitude. Le Cheyenne 400LS monte à 12.500 mètres en 17 minutes environ. Grâce à cet avion et à du personnel compétent, West Tennessee Skydiving propose des sauts HALO pour les parachutistes civils, en solo et en tandem.

Pour Sebastián Álvarez, de nombreuses séances de sport et d'entraînement en soufflerie ont été nécessaires dans les mois qui ont précédé le saut.

Sebastián Álvarez poursuit : "Les trois derniers mois ont été intenses en préparation technique, physique et mentale. J'ai contrôlé et réduit mon poids en suivant un régime alimentaire, je me suis entraîné durant de nombreuses sessions dans la soufflerie de vol horizontal, en Suède, sur un total de 11 heures".

Car la réussite d'un tel exploit est basée sur la vitesse de vol et donc sur le contrôle et le maintien de la position dans la combinaison ailée. Il s'agit d'un modèle fabriqué spécialement pour cet exploit. Il comporte des extensions de surface en bouts d'ailes de bras et des carénages autour des pieds pour réduire la traînée. Ces apports améliorent les performances aérodynamiques, ils permettent d'atteindre des vitesses plus élevées et d'allonger la distance de vol.

Mais leur utilisation nécessite une grande force physique et des compétences d'expert pour en garder le contrôle durant plus de dix minutes. C'est pourquoi il était nécessaire que Sebastián Álvarez s'entraîne longuement en soufflerie.

Altitude 38900 pieds, environ 11.900 mètres, les deux opérateurs-assistants s'affairent auprès de Sebastián Álvarez pour s'assurer que son équipement soit opérationnel, principalement l'alimentation en oxygène qu'il va emporter durant son vol. Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

Autre spécificité de cette combinaison : elle devait recevoir le système d'oxygène embarqué et les couches de protection thermique, chauffées électriquement. C'est deux équipements sont indispensables pour faire face aux conditions extrêmes à l'altitude de départ : le manque d'oxygène et le froid intense.

"J'ai aussi suivi un entraînement sportif qui comportait des exercices de musculation spécifiques pour renforcer les épaules et un entraînement très technique pour l'utilisation de l'oxygène" explique Sebastián Álvarez.

Comme on peut le voir sur les photos, le casque intégral utilisé est lui aussi spécifique, pour recevoir le masque à oxygène et ses connexions. Deux opérateurs spécialisés ont assisté Sebastián Álvarez depuis l'équipement au sol, durant la montée en altitude et jusqu'au moment du largage.

Mise en place à la porte pour le top départ à 12.640 mètres d'altitude. Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

"Ça a été une longue journée !" commente Sebastián Álvarez. "Elle a commencé par la phase de dénitrogénation, une heure de préparation sous oxygène pour en augmenter la saturation dans le sang, puis la phase d'équipement, très méticuleuse, et d'embarquement dans l'avion."

L'avion utilisé était un Piper Cheyenne 400LS piloté par Michael Mullins. Il a assuré la montée dans la haute atmosphère, afin d'obtenir une altitude optimale pour la réussite du projet, une altitude supérieure à celle de certains vols commerciaux. Et il a compté également avec le jet-stream, ce courant d'altitude où l'air se déplace rapidement et où la vitesse du vent s'amplifie.

"La montée a été assez rapide grâce à la puissante machine mise en place, même s'il nous fallait atteindre la meilleure altitude possible et le bon positionnement dans le jet-stream. Nous savions que l'utilisation de ce courant allait jouer un rôle clé dans l'augmentation de ma vitesse et de mon déplacement dans la masse d'air" explique Sebastián.

Le Cheyenne 400LS de West Tennessee Skydiving a été un des éléments de réussite de la Mission Red Bull Starman. Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

Dans ces conditions, il a atteint une vitesse de pointe de 550 km/h en seulement 30 secondes. Le ton était donné et cette vitesse, qui dépasse celle des Formule1 les plus rapides (370 km/h), allait lui permettre de pulvériser le précédent record de vitesse en wingsuit, en l'augmentant de 224 km/h. Mais il lui fallait encore tenir durant plus de 10 minutes !

"Juste après mon départ de l'avion, la première difficulté a été de gérer ma stabilité, car la pression de l'air est faible à cette altitude. Après ça a été de gérer mon angle de vol, d'abord pour voler le plus vite possible et ensuite pour obtenir une bonne portance et parcourir la meilleure distance possible".

Au final, Sebastián Álvarez a réussi à couvrir une distance de vol de plus de 53 kilomètres, presque le double du précédent record. Un vol où chaque mouvement compte, une véritable épreuve d'endurance physique et mentale, en solo.

C'est parti pour 11 minutes de vol ! La bonne gestion de l'angle, à tout moment, est un facteur primordial pour la réussite. Photo Joerg Mitter (extraction de la caméra embarquée de Sebastián Álvarez) / Red Bull Content Pool

Il conclut l'interview ainsi : "Je suis très content de mes performances. Bien sûr il y a eu des moments de doute, mais avec la bonne préparation, l'entraînement et la technologie, nous y sommes parvenus. J'ai toujours dit que j'épousais mes projets, et celui-ci a été un voyage épique, qui prouve que la discipline et la persévérance peuvent transformer l'impossible en réalité. Le plan était ambitieux et je suis aussi très ému, car c'est une première mondiale. J'espère que cela inspirera d'autres personnes à dépasser leurs propres limites, car les frontières existent pour être repoussées".

Au moment du bouclage de cet article, Sebastián Álvarez avait déposé plusieurs dossiers de demande à la FAI pour ratification de ses performances en tant que nouveaux records.

Quatre records sont à classer dans la catégorie "parachutisme, vol en wingsuit" :
- records du monde et d'Amérique du Sud, distance de vol : 53.448,50 mètres,
- records du monde et d'Amérique du Sud, temps de vol : 661,29 secondes (11 minutes et 1,29 seconde).
Et deux sont à classer dans la catégorie "parachutisme, altitude et chute libre" :
- record d'Amérique du Sud, altitude de sortie : 12.639,63 mètres,
- record d'Amérique du Sud, distance de chute sans ralentisseur/stabilisateur : 11.707,62 mètres.

Croquis de vol de la Mission Red Bull Starman (réalisation en français basée sur une infographie de Red Bull Media House).

À noter qu'il n'apparaissait pas de dossier de demande de record de vitesse dans la catégorie "parachutisme, vol en wingsuit", au moment du bouclage de cet article, sur le site de la FAI.

Quelques jours après le saut réussi, le président de la commission de parachutisme au sein de la FAI (ISC, International skydiving commission), Alberto Martin Paracuellos, a félicité l'athlète Sebastian Álvarez pour son incroyable exploit sportif, en précisant "qu'il marque un moment important pour la discipline du vol en wingsuit. Sa performance élève le sport à un nouveau niveau et démontre clairement que le travail acharné et le dévouement constant sont payants".

Vue de dessus sur la combinaison durant un vol d'entraînement : les extensions de surface en bouts d'ailes de bras et les carénages autour des pieds sont bien visibles. Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

Il a ajouté : "Les records de la FAI représentent la norme la plus élevée dans les sports aériens - rigoureusement vérifiés et profondément respectés. Battre des records reflète non seulement une maîtrise personnelle, mais soutient également la croissance et la visibilité du parachutisme et des sports aériens dans le monde entier".

"Je pense qu'il est également important de reconnaître le rôle du soutien à long terme de partenaires tels que Red Bull, qui croient au potentiel des sports aériens et des athlètes qui les font progresser. Leur engagement continu rend possibles des réalisations comme celle-ci et aide nos sports à continuer d'évoluer".

Michael Cooper est le juge FAI qui a assisté à la tentative. Il qualifie l'exploit de : "remarquable, non seulement parce qu'il dépasse les records existants, mais aussi parce qu'il le fait avec une marge significative. En effet, les pilotes optimisent généralement un seul élément - le temps, la distance ou la vitesse - en fonction de la manière dont ils abordent le vol".

Vue de profil durant un vol d'entraînement : à noter la taille des carénages autour des pieds. Photo Scott Palmer / Red Bull Content Pool

Un vol lent permet d'augmenter le temps passé en altitude, mais il se traduit généralement par une distance et une vitesse peu élevées. À l'inverse, un vol plus piqué permet de gagner en vitesse, mais cela est souvent au détriment du temps et de la distance. La réussite d'un triple record comme celui-ci est donc une question d'équilibre. Michael Cooper souligne le fait que "toutes les performances soient aussi bonnes suggère que Sebastian Álvarez a effectué un vol propre, efficace et remarquablement équilibré".

Parachute ouvert, Sebastián Álvarez va pouvoir "souffler un peu". Photo Joerg Mitter (extraction de la caméra embarquée de Sebastián Álvarez) / Red Bull Content Pool

Néanmoins, s'il ne fait aucun doute que Red Bull Starman va aboutir sur l'officialisation des records annoncés, tel n'était pas encore le cas au moment du bouclage de cet article. Les demandes n'en étant encore qu'au statut de "déposée". À titre de comparaison, les records en grande formation établis à Eloy (Arizona) en novembre 2024 - 2 points à 151, record de séquence en vol relatif, et record de freefly tête en haut à 96 (voir article "Trois nouveaux records du monde" paru dans ParaMag le 15 décembre 2024 ) – étaient toujours en cours d'examen au début du mois d'avril 2025.

Retour sur terre et mission accomplie pour Sebastián Álvarez, qui exprime sa joie tout en décompressant. Photo Joerg Mitter / Red Bull Content Pool

Ci-dessus : la vidéo officielle de Red Bull Content

RECORDS, REPÈRES ET RÉFÉRENCES

FAI or not FAI ?
L'élaboration des règles, le contrôle et la ratification des records aéronautiques et astronautiques mondiaux et continentaux représentent une part importante des activités de la FAI (fédération aéronautique internationale). Depuis les premiers vols enregistrés en 1906, la FAI a enregistré plus de 20.000 records à ce jour.

Le vol historique de Charles Lindbergh à travers l'océan Atlantique et le premier vol humain dans l'espace de Youri Gagarine figurent parmi les grandes réalisations enregistrées par la FAI. La plupart des disciplines des sports aériens sont représentées dans les archives des records mondiaux et continentaux de la FAI.

Avec 2436 records (toutes zones confondues, continentales et monde), dont 1639 records du monde, le parachutisme y tient une place considérable. Cela s'explique par le nombre de catégories qu'il occupe – 175 (!) - depuis les disciplines historiques telles que le passage de bâton relais, le "10 vitesse" (travail relatif, ancêtre du vol relatif, 19 records enregistrés de 1973 à 1981), la précision d'atterrissage, le para-ski, etc., jusqu'aux plus modernes : le pilotage sous voile, le speed skydiving, la séquence en grande formation et plus récemment encore la wingsuit.

175 catégories parachutistes, classements mondiaux et continentaux confondus… dont 76 pour la PA (précision d'atterrissage) ! Cela va, par exemple, de la "PA par groupe de 9 en ouverture retardée d'une altitude de 600 mètres" (record détenu par les Russes avec une performance de 25 centimètres établie le 13 octobre 1972) jusqu'à la "PA sur disque de 3 centimètres" (record détenu par le Russe Liubov Ekshikeeva avec 21 carreaux consécutifs le 7 juillet 2005) en passant par le "score le plus bas après 10 manches"  (record détenu par le Quatari Khalid Mohammed Shajea avec une performance de 7 cm établie le 5 septembre 2024).

La discipline du pilotage sous voile occupe elle aussi une place importante, avec de nombreuses catégories (distance, vitesse, précision) et des performances records qui augmentent très progressivement. Avec 78 records (toutes zones confondues), dont 35 records du monde, le vol relatif à 4 est la discipline la plus titrée ! En zone "monde", c'est la "PA sur carreau de 10 cm", qui détient 43 records du monde. Il faut tout de même avouer qu'il devient extrêmement difficile de s'y repérer !

Pour autant, ne passons pas à côté de la présence française dans la liste de ces records du monde FAI. Depuis 1951, ce sont 25 records individuels ou par équipes (auxquels s'ajoutent les records internationaux de grandes formations) qui comportent une participation française. Les disciplines concernées sont les sauts en altitude, la précision d'atterrissage, le vol relatif, le voile contact et le pilotage sous voile.

Et comme la FFP à placé l'année 2025 sur le thème du parachutisme au féminin, ne manquons pas cette occasion de souligner ici un fait historique : le plus ancien record du monde français et le plus récent sont tous les deux détenus pas des femmes :
● double record du monde d'altitude établi par Monique Laroche le 6 octobre 1951 à Saint Yan dans la catégorie "saut en altitude et en ouverture retardée" avec 4235 mètres, et dans la catégorie "distance en chute libre" avec 3622 mètres.
● record du monde de voltige établi par Léocadie Ollivier de Pury le 25 juin 2022 dans la catégorie "score le plus bas après 5 manches" avec 34,99 secondes, à Guessing (Autriche).

Double page d'un article de la série "Les pionnières du parachutisme" paru dans le ParaMag n°213 de février 2005. Cet article est illustré (entre autre) du double record du monde d'altitude établi par Monique Laroche le 6 octobre 1951 à Saint Yan (cliquer sur l'image pour accéder au magazine).

En parallèle, il y a des records qui ne sont pas répertoriés par la FAI et qui se reportent sur les catégories dites "Guinness". C'est le cas de certains records d'altitude, et des premiers records de wingsuit, à l'époque où cette discipline n'était pas encore reconnue par la FAI.

Exemples de records (non FAI) à plus de 10.000 mètres, en saut d'avion, dans la catégorie "parachutisme, altitude et chute libre" :
● En septembre 1988, à Nîmes, le Français Jean-Bernard Bonnet établissait un nouveau record du monde de chute libre en apnée avec un saut à 11.000 mètres sans oxygène.
● En octobre 1992, à Soulac, le Français Patrick de Gayardon établissait un nouveau record du monde de chute libre en apnée avec un saut à 11.690 mètres sans oxygène.
● En novembre 1995, le Français Patrick de Gayardon battait son propre record du monde de chute libre en apnée avec un saut réussi à 12.700 mètres, à proximité de Moscou.
● En mai 2000, à Eloy, en Arizona, les deux Français Thierry Demonfort et Caroline Avont réussissaient un saut record en tandem à 11.000 mètres d’altitude sous oxygène, une première (non catégorisée par la FAI). L'année précédente, le 7 novembre 1999, Thierry Demonfort avait réussi la traversée de la Manche en tandem, avec son passager navigateur : Bertrand de Gaullier des Bordes. Ils avaient sauté à 8200 mètres vertical Douvres, en Angleterre, pour se poser en France, au Cap Gris-Nez.

Jean-Bernard Bonnet en couverture du ParaMag n°18 de novembre 1988, dans lequel est publié l'article sur son record à 11.000 mètres (cliquer sur l'image pour accéder au magazine).

Jhonathan Florez, première "triplette" en wingsuit
En avril 2012, le Colombien Jhonathan Florez a établi trois records du monde durant le même saut en wingsuit. La wingsuit n'était pas encore une discipline FAI, il s'agit donc de records Guinness. Jhonathan Florez a sauté à une altitude de 10.700 mètres, parcourant une distance horizontale de 26,248 km pour un vol d'une durée de 9 minutes et 6 secondes. Le troisième record était celui de la distance absolue : 28,2 km. Cette distance est représentée par la ligne qui se dessine dès le départ de l’avion et jusqu’au point d’ouverture. Elle est différente de la distance de vol, cette distance horizontale parcourue qui est calculée d’un point à un autre par rapport au sol (voir article "Records du monde en wingsuit" paru dans le ParaMag n°301 de juin 2012 ).

Jhonathan Florez dans le King Air qui l'emmène à 10.700 mètres (cliquer sur l'image pour accéder à l'article publié par ParaMag en juin 2012). Photo archives ParaMag.

Les records FAI les plus récents (2025, en cours d'examen) dans la catégorie "parachutisme, vol en wingsuit" :
● record d'Océanie de distance de vol : 18.182,95 mètres.
● record d'Océanie de temps de vol : 320,44 secondes (5 minutes et 20,4 secondes), établi le 21 février 2025 par Jason Dodunski (Australie) à Auckland (NZ).
L'Australien Jason Dodunski a réalisé ce double record à l'occasion des récents championnats nationaux de Nouvelle-Zélande qui se sont déroulés à Skydive Auckland, en février dernier.

Les records FAI (battus) de 2017 dans la catégorie "parachutisme, vol en wingsuit" :
● record du monde FAI de distance de vol* : 29,06 km, établi le 9 avril 2017 par David Duffy (Irlande) à Davis (Californie, États-Unis).
● record du monde FAI de temps de vol* : 571,4 secondes (9 minutes et 31,4 secondes) établi le 9 avril 2017 par Stephen Duffy (Irlande) à Davis (Californie, États-Unis).
● record d'Europe FAI d'altitude de sortie : 10.829 mètres, établi le 22 mai 2017 par Fraser Corsan (Grande-Bretagne) à Davis (Californie, États-Unis). Sur ce même saut, la performance de 397 km/h est reconnue comme record du monde de vitesse par Guinness. De son côté, et dans cette catégorie de vitesse, la FAI reconnaît le record du monde de vitesse* : 326,8 km/h, établi par l'Américain Chris Geiler le 26 octobre 2021 à Eloy en Arizona. Record largement battu en ce mois de mars 2025 avec la vitesse de 550 km/h !
* C'était un des 3 records FAI à battre au moment du saut de Sebastián Álvarez et de Red Bull Starman.

Embarquement de David Duffy, Stephen Duffy et Marc Daly pour leur saut à 10.363 mètres, en avril 2017, en Californie. Photo Irish Wingsuit Team publiée par The Outdoor Journal.

FLASH-BACK

2017, les records des frères Duffy, à Davis (Californie)

Le saut record de 2017 des frères Stephen et David Duffy s'inscrivait dans la préparation d'une traversée maritime de 21 kilomètres, depuis le nord de l'Irlande jusqu'à la Grande-Bretagne. C'est dans ce but qu'ils se sont entraînés avec leur équipe Irish Wingsuit Team, équipe de compétition représentait déjà l'Irlande lors de coupes du monde et de championnats du monde depuis 2011.

Les frères Duffy s'étaient rendus à Davis, en Californie, pour s'entraîner et potentiellement établir des records, et c'est ce qu'ils ont fait, le 9 avril 2017. Ce jour-là, ils ont sauté à trois - David Duffy, Stephen Duffy et Marc Daly - à plus de 34.000 pieds (10.363 mètres) d'altitude.

Ils ont raconté leur exploit dans The Outdoor Journal. "J'y suis allé en premier, puis Marc et David", explique Stephen. "Nous avons volé en ligne droite, le plus loin possible, durant près de dix minutes, et nous avons atterri à des endroits différents. De retour à la DZ, nous avons vérifié les résultats sur nos Fly Sights (N.d.l.r. : Des petits boitiers GPS qui enregistrent toutes les données statistiques du vol). David avait parcouru la plus grande distance horizontale, soit plus de 29 kilomètres. Si l'on tient compte de l'angle de descente, il a parcouru 32 kilomètres, ce que l'on appelle la distance absolue. Stephen avait parcouru 26,5 kilomètres et Marc 25,5 kilomètres. Bien que David soit allé le plus loin, Stephen a passé plus de temps dans les airs : 9 minutes et 31,4 secondes".

Avec les vols de Stephen et de David, l'équipe a établi quatre records du monde : le record FAI pour le temps de vol en wingsuit et pour la distance horizontale (voir ci-dessus), le record Guinness pour le temps de vol et pour la distance absolue en wingsuit. "Nous avons également battu tous les records nationaux irlandais et les records continentaux européens de distance et de temps de vol", a ajouté Stephen dans The Outdoor Journal.

Quant à Fraser Corsan, c'est dans le cadre du Cirrus Project que, un mois et demi plus tard et au même endroit, à Davis en Californie, il allait tenter lui aussi de battre quatre records du monde de wingsuit (la vitesse la plus élevée, l’altitude la plus élevée, la durée de vol la plus longue et la distance la plus longue) en un seul saut.

Le Cirrus Project avait pour objectif de soutenir le SSAFA, l'association qui apporte de l’aide aux anciens combattants ayant servi le Royaume-Uni et à leurs familles. Malheureusement, les tentatives de Fraser Corsan ont été perturbées par le mauvais temps. Il a dû se contenter d'un record FAI d'altitude à 10.829 mètres, mais il obtenait un record de vitesse Guinness à 397 km/h. ◼︎

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