Déjà évoquée début avril, la hausse du prix des carburants utilisés pour les avions largueurs est toujours d'actualité, malheureusement. Quelles sont actuellement les conséquences pour le parachutisme ? Voici quelques exemples...
Par Bruno Passe
Le carburant le plus courant pour les avions équipés de moteur(s) à turbine - très utilisé en parachutisme - est le kérosène JET A1. Nous continuons ce mois-ci à observer les tarifs mensuels d'un même fournisseur (voir illustration ci-dessous) qui avitaille plusieurs centres de parachutisme, situés dans la même région, en JET A1.
Le tarif net JET A-1 était passé de 1027,46 euros HT en mars à 1578,16 € HT (prix au m3) en avril, soit une augmentation de 53,7 %. En mai, il redescend légèrement : 1552,12 € HT, mais si l'on garde en référence le tarif du début de saison, l'augmentation est toujours de 51,1 %

L'illustration ci-dessus montre l'évolution des tarifs mensuels d'un même fournisseur qui avitaille plusieurs centres de parachutisme, dans la même région, en JET A1.
Un dirigeant parachutiste a calculé l'application concrète de l'augmentation du Jet A1 sur une base de 0,5 € HT par litre. "Un B2H2 standard consomme 50 litres par rotation, soit un coût supplémentaire de 25€ HT / 30 € TTC. Avec 9 paras à bord, c'est 3,33 € TTC d’augmentation du saut." Sur un autre centre qui utilise un Cessna Caravan 15 places, l'augmentation était évaluée à 3 € TTC (sur 15 places "pleines").
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, la flambée des prix du kérosène et ses conséquences dans le transport aérien font les gros titres de la presse : vols annulés, hausse des tarifs sur les billets d'avion, compagnie low cost en difficulté, etc.
Les conséquences se font également ressentir dans l'activité parachutiste. Nous avons expliqué que les tarifs de kérosène évoluent au mois par mois, la "volatilité" des tarifs n'est donc pas la même que celles des prix à la pompe, qui peuvent évoluer au jour le jour. Tout en sachant que les centres de parachutisme sont tributaires de la gestion du stock de kérosène, là où ils s'approvisionnent. Actuellement, les stocks qui avaient été achetés au tarif "avant crise" sont vraisemblablement épuisés, ou pas loin de l'être.
Il faut donc réagir, d'une façon comme d'une autre. Voici quelques exemples de ce qui est observé ici et là, depuis la mi-avril : nous les avons rassemblés dans la même illustration ci-dessous et ils sont détaillés un par un dans la suite de l'article.
● Un centre associatif agréé FFP et totalisant en moyenne 18.000 sauts par an a augmenté ses tarifs de 2 € par saut à partir du 4 mai. Cette hausse est évolutive sous forme de taxe. Voici les explications données le 17 avril 2026 aux adhérents :
"…/…L'augmentation du prix du kérosène ne peut pas être entièrement compensée par une baisse de notre marge ou par les tandems. Si le prix restait stable, ça reviendrait à une augmentation minimale entre 40 000 et 45 000 € HT sur l'année.
Le comité a donc décidé cette semaine d'appliquer une "taxe kérosène" sur le prix du saut.
Concrètement, nous sommes toujours "officiellement" à 32 € TTC pour un saut, mais un supplément obligatoire évolutif sera appliqué sur chaque saut, pour un montant de 2€ TTC (y compris les sauts avec la carte avantage).
Sauf à ne plus être du tout compétitif (et donc en vendre moins), le prix de base du tandem ne peut pas être augmenté (mais le tandem semaine sera réévalué).
Pour le moment, nous vidons le stock de la cuve acheté à l'ancien tarif, mais à partir du 4 mai, la taxe sera effective. Elle sera modulable, en fonction de l'évolution de la situation internationale. …/…"
● Un centre professionnel agréé FFP totalisant en moyenne 10.000 sauts par an n'a pas augmenté ses tarifs, mais il a diminué l'altitude de largage de 200 mètres : 3800 mètres au lieu de 4000. "Cela fait 4 secondes de chute en moins" explique son dirigeant. "Et ces 200 mètres économisés sont ceux qui coûtent le plus cher à atteindre".
● Un centre professionnel pratiquant essentiellement le tandem a augmenté tous ses tarifs (sans vidéo, avec vidéo, VIP) de 10 euros.
● Un centre professionnel agréé FFP ayant réalisé plus de 3000 sauts en 2025 (son année d'ouverture) a augmenté le prix du saut individuel de 33 à 36 € depuis le 27 avril. "Afin de limiter l'impact autant que possible, la carte terrain est offerte".
On observe donc une certaine disparité dans la façon dont la hausse des tarifs du kérosène impacte actuellement les tarifs des centres. Mais étant donné l'évolution peu favorable du conflit au Moyen-Orient, on peut craindre de voir apparaître un point commun sur le plan national : la généralisation de la hausse des tarifs de saut, d'une façon ou d'une autre.








