Hautes Fagnes, Bassin d’Arcachon : par endroits, les incendies de l’été 2026 ont directement concerné l’activité parachutiste, entre témoignages et blocages. En Belgique, les médias se sont emparés de ces témoignages.
À Skydive Spa, en Belgique, pilotes et parachutistes ont été des témoins "privilégiés" du départ d’un important feu et leurs images ont contribué à en documenter les premières minutes. Quelques semaines auparavant, en France, les incendies avaient contraint un centre de parachutisme français à interrompre son activité pendant plusieurs jours. Ce ne sont bien sûr que de maigres conséquences en comparaison de l'impact catastrophique de ces incendies dans les régions qui ont été touchées.
Hautes Fagnes : des parachutistes témoins du départ du feu
Le vendredi 14 août, les largages de parachutistes s'enchainent au départ de l’aérodrome de Spa, en Belgique. "Nous étions deux avions en train de larguer à l’aérodrome de Spa ce jour-là. Mon collègue a été le premier à signaler l’incendie. Il a survolé la zone vers 13h. J’ai décollé de Spa vers 13h05 et ai également survolé la zone à 13h14", raconte un des pilotes dans un article publié par RTL Info.
Transmises aux médias, les images prises depuis les airs témoignent de la progression extrêmement rapide du feu. "Nous survolions la zone depuis le matin (on vole jusqu’Eupen, ensuite demi-tour pour larguer à Spa). Nous avons donc été témoins, totalement impuissants, de l’évolution très rapide de l’incendie" poursuit le pilote sur RTL Info.
Ces images sont aussi exploitées par le média RTBF Actus dans son enquête sur les circonstances du sinistre. Croisées avec des images satellites et des observations de terrain, elles contribuent notamment à localiser le départ du feu à proximité de la Croix Mockel, à Jalhay.

Tout au long de la journée, les parachutistes ont pu voir la colonne de fumée qui grandissait, au loin. Cliquer sur la photo ci-dessus pour voir le reportage de RTBF. Pierre Chouak, un des parachutistes, a fourni et commenté ses images pour illustrer cette enquête.
L’enquête de RTBF Actus met également en évidence des travaux de fauchage réalisés dans le secteur. L’hypothèse d’une étincelle provoquée par un engin dans une végétation très sèche fait partie des pistes examinées, sans que la cause du feu soit pour autant établie à ce stade par l’enquête judiciaire.
RTL Info rapporte par ailleurs qu’un pompier se trouvait à bord de l’un des avions pour effectuer un saut de loisir : "J’avais à mes côtés un pompier qui connaissait la zone. Il a donc fait son saut en parachute pour seulement ensuite être en mesure d’appeler lui-même le 112 pour expliquer la zone du départ de feu", raconte le pilote qui pouvait, grâce à son équipement de navigation, déterminer la position du feu. Mais il ne disposait d'aucun moyen pour joindre directement le 112 depuis son appareil, ce qu'il regrette.
Pilotes et parachutistes se sont ainsi trouvés parmi les premiers témoins du sinistre, d'abord impuissants à agir, mais leurs images aériennes sont devenues des éléments utiles pour en reconstituer les premières minutes.
Lire l'article de RTL Info.
Lire l'article de RTBF Actus.
Quelques semaines plus tôt, le parachutisme à l’arrêt près d’Arcachon
Quelques semaines auparavant, en France, la situation sur le front des incendies avait eu une conséquence très différente : cette fois, les parachutistes avaient été contraints de rester au sol.
Fin juillet, à la suite des incendies touchant les Landes et le Bassin d’Arcachon, la présence d’importants moyens aériens de lutte contre les incendies et la nécessité de leur réserver l’espace aérien conduisent les autorités à restreindre ou interrompre les autres activités aéronautiques. L’aérodrome de Villemarie, à La Teste-de-Buch, est alors fermé par les autorités aéronautiques.

La carte officielle SIDS (Service Départemental d'Incendie et de Secours), diffusée dans les médias par la préfecture de la Gironde, montre la proximité des incendies avec l'aérodrome utilisé par les parachutistes (matérialisé par le point bleu).
Le 28 juillet, le centre Vertical T’Air Parachutisme Arcachon annonce l’annulation des sauts prévus sur l'aérodrome, et ce jusqu’au 2 août inclus. Face à l’évolution de la situation, l’interruption est ensuite prolongée : l’ensemble des sauts et formations programmés jusqu’au vendredi 7 août inclus est annulé.
Les clients concernés sont contactés afin d’organiser les reports, tandis qu’une page spécifique est mise en place sur le site internet de Vertical T’Air pour centraliser les informations liées aux incendies.
Le 4 août, après la levée des restrictions et la réouverture de l’aérodrome, Vertical T’Air annonce la reprise de son activité pour le samedi 8 août.
Deux jours après cette reprise, sur sa page Facebook, le centre évoque encore les traces des incendies désormais visibles dans le paysage depuis les airs. Elles contrastent par endroit avec la beauté du panorama qu'offre la région, vue du ciel.
Ces deux épisodes illustrent de manière différente les liens entre activité parachutiste et feux de grande ampleur : à Arcachon, les contraintes de sécurité aérienne ont imposé l’arrêt momentané des sauts ; dans les Hautes Fagnes, la présence d’avions de largage a au contraire permis de disposer d’observations et d’images aériennes des premières minutes du sinistre.
Sources : RTBF Actus et RTL Info pour l’incendie des Hautes Fagnes ; communications de Vertical T’Air Parachutisme Arcachon pour les incendies du Bassin d’Arcachon.






