C'est une tradition, et surtout un devoir de mémoire : au début du mois de juin, de nombreuses manifestations sont organisées, en Normandie et dans la Manche, pour commémorer le Débarquement du 6 juin 1944, le D-Day, et la bataille de Normandie. Le parachutisme y a une place bien spécifique.
Par Bruno Passe
En 2024, l'évènement anniversaire avait pris une dimension particulière, décuplée par le chiffre 80 et par la participation de nombreux chefs d'État. ParaMag lui avait consacré un article spécial, vu à travers le prisme du parachutisme.
En 2025, la météo a été globalement défavorable aux parachutistes, cloués au sol pour la plupart, comme en 2020 et en 2021, c'était à cause de la crise sanitaire.
Cette année, pour le 82e anniversaire, dans un contexte international compliqué, auquel s'ajoute le contexte économique national lui aussi compliqué, la ferveur n'était plus tout à fait la même. Mais la volonté d'assurer le devoir de mémoire est toujours fort bien marquée, d'autant que la présence des vétérans de la Seconde Guerre mondiale s'estompe avec le temps.
Les cérémonies officielles et les reportages s'y rapportant montrent la présence de plusieurs groupes de vétérans américains, britanniques et canadiens, répartis sur différents sites normands. La plupart ont aujourd’hui entre 98 et 105 ans, alors on est très loin des centaines de vétérans qui pouvaient encore venir il y a vingt ans.
Pour ces commémorations du D-Day en 2026, ils étaient probablement entre 40 et 80 vétérans présents au total en Normandie. Et c’est l’une des dernières années où un groupe aussi substantiel pouvait encore participer.
C'est donc aux générations suivantes, y compris les plus jeunes, de continuer, et de prendre le relais, tandis que ParaMag se concentre ici sur l'aspect parachutiste des manifestations.

Étoile à sept à la verticale d'Omaha Beach, que l'on distingue à travers les nuages, vers le bas de la photo et depuis la formation. Photo Starhopp
Dans cette partie de la Normandie, entre la péninsule du Cotentin, les plages du Débarquement, et l'intérieur du Calvados et de la Manche, on distingue deux types de zones de sauts, de "drop zones" commémoratives :
- dans les terres, sur des sites historiques comme la Fière, Sainte-Mère-Église, Picauville ou Carentan,
- sur certaines plages du débarquement, comme Omaha Beach et Juno Beach.
Cette année, les avions largueurs étaient principalement des gros porteurs Hercules C-130 (pour les largages en masse) et des C-47 "Dakota" (pour l'aspect historique et les reconstitutions).

Arrivée du Dakota "Gruesome" sur l'aéroport de Caen. C'est un des nombreux appareils ayant assuré les largages durant ces quelques jours de commémoration en Normandie. Photo Kesa'co Parachutisme
Les points forts, surtout pour le public qui vient toujours nombreux, sont les largages de masse. Chaque année, pour ces commémorations, l'US Army met en place des gros porteurs pour larguer en masse des parachutistes militaires d'active sur différents lieux en Normandie. Il y a aussi les armées anglaises, allemandes et françaises bien sûr qui prennent part aux commémorations. Et des sauts ont également lieu au Mont-Saint-Michel.

À l'occasion du 82e anniversaire du débarquement, la 82e division aéroportée américaine a effectué un largage de masse sur la zone historique de La Fière, aux côtés des alliés français, allemands et néerlandais. Cet hommage s'est conclu par une marche vers Sainte-Mère-Église, où des centaines de spectateurs se sont massés le long des rues pour acclamer les parachutistes, venus rendre hommage aux héros qui les ont précédés. Photo 82nd Airborne Division
C'est une évidence : le parachutisme est présent sous diverses formes et il est difficile d'être exhaustif, même si ParaMag a déjà publié de nombreux articles sur le sujet, et même si la météo peu favorable cette année a réduit le nombre de sauts prévus.
Ce fût particulièrement et malheureusement vrai pour la journée du samedi 6 juin 2026, pourtant très prisée puisque c'est le jour anniversaire, mais il semble bien que cette année, la météo et un vent puissant n'ont permis aucun saut ce jour-là.
Qu'à cela ne tienne, la journée anniversaire tombant cette année un samedi, c'était idéal pour les autres moments forts qu'une météo même maussade n'a pas gênés : cérémonies de commémoration, célébrations, mise en place de camps militaires de reconstitution, concerts, bals, défilés, parades, rencontres, animations culturelles, expositions, projections de films, etc.

Le 5 juin 2026, lorsque des membres de l'association Round Canopy Parachuting Team (RCPT) sautent en reconstitution sur Picauville, le maire Ludovic Mignot saute avec eux. Il est identifiable par le drapeau tricolore fixé à sa jambe. Photo Nadia Boucé
Des sauts ont eu lieu le lendemain, tout comme la veille et même les jours précédents, dans divers endroits, ce qui fait que les parachutistes n'ont pas manqué à leur devoir de mémoire pour ce 82e anniversaire. Le parachutisme militaire tient forcément une place prépondérante dans ces démonstrations, mais pas que... Il y a aussi des parachutistes civils ou d'anciens militaires, les "reconstituants" (ou "reconstitueurs"), regroupés en association. Et il y a aussi des parachutistes civils individuels, professionnels ou sportifs, qui prennent part aux sauts de démonstrations.

Comme bien souvent durant ce type de sauts commémoratifs, les genres se mélangent : sur l'aéroport de Caen, les chuteurs sportifs observent un groupe de reconstituants qui se dirige vers l'embarquement. Photo Bruno Passe
Comme il est impossible de parler de tout et de tout le monde à travers un tel évènement, cette année ParaMag se focalise sur :
- une drop zone (Graignes),
- un groupe franco-américain (Icehopp LLC et Kesa'co Parachutisme),
- et une personnalité locale (Ludovic Mignot, maire de Picauville).
Juno Beach, pour le 6 juin
L'entité Kesa'Co Parachutisme, dirigée par Arnaud Couturon, organise régulièrement des parachutages et des démonstrations lors des commémorations sur les sites de la Bataille de Normandie et au Mont-Saint-Michel. Ces mises en place sont ouvertes aux pratiquants civils, sous certaines conditions. Une des plus belles réussites de Kesa'Co Parachutisme demeure le largage de 80 parachutistes pour le 80e anniversaire du D-Day, en 2024, sur la plage d’Omaha Beach, depuis un Casa 212.
En mars dernier, Arnaud Couturon avait à peine commencé à annoncer l'organisation d'un saut de Dakota (version militaire du DC-3) sur la plage de Bernières-sur-Mer (autrement dit la position canadienne de Juno Beach), que le bouche-à-oreille a immédiatement fonctionné, et les 60 places disponibles ont rapidement été prises d'assaut.
Arnaud Couturon explique : "Grâce à la mise en place (entre autres) d'un DC-3 (Dakota), en partenariat avec Icehopp LLC, le projet comportait plusieurs largages sur deux zones de sauts : Viervilles-sur-Mer (Omaha Beach) pour les reconstituants de Airborne Center en OA et Bernières-sur-Mer (Juno Beach) pour les chuteurs civils, le samedi 6 juin sur la plage."

Sur l'aéroport de Caen, les parachutistes reconstituants de l'association Airborne Center embarquent dans le Dakota "Gruesome". Cliquer sur l'image pour voir la vidéo du saut.
Pour les amateurs du genre, ce saut se présentait comme une double chance :
- celle de pouvoir sauter sur une plage du débarquement le 6 juin, exactement le jour anniversaire, alors que l'espace aérien est généralement très occupé ce jour-là,
- celle de pouvoir sauter d'un Dakota d'époque, du même type que ceux qui étaient utilisés pour le D-Day.
Il s'agissait du Dakota "Gruesome" qui a été remis en état pour le Musée aéronautique de Bretagne. Cet appareil a participé à diverses opérations en 1944 et 1945 et il a repris les vols en 2024. Lors de ce 82e anniversaire du D-Day, c’était la première fois qu’il larguait à nouveau des parachutistes depuis 1945. L’équipage était composé des pilotes Hugues Duval et Benjamin Nuttall, les mécaniciens navigants étant à tour de rôle Cédric Malhaire et Quentin Hervé.

Sur l'aéroport de Caen, des parachutistes de Laval attendent leur tour pour embarquer dans le Dakota. Photo Bruno Passe
"Avec les conditions météo défavorables prévues pour le samedi 6 juin, nous avons été contraints d'annuler tous les largages, à Viervilles-sur-Mer comme à Bernières-sur-Mer" poursuit Arnaud Couturon. "Il y avait deux avions d'OA et quatre avions de chuteurs, le premier avec le groupe américain Starhopp et les trois autres avec les Français (et quelques Belges). Alors un plan B a été mis en place pour le vendredi 5 juin au soir, sur la DZ historique de Graignes. Nous avons pu faire sauter les deux avions d'OA pour Airborne Center et deux avions de chuteurs : celui des Américains et un autre avec une vingtaine de Français."

Sur l'aéroport de Caen, les chuteurs embarquent à leur tour dans le Dakota "Gruesome". Photo Bruno Passe
Il n'a pas été possible à l'ensemble des 60 inscrits de s'adapter au plan B le vendredi, mais pour la vingtaine d'entre eux qui ont pu venir, la déception de ne pas pouvoir sauter sur Juno Beach le 6 juin a vite été balayée par la découverte de la DZ historique du petit village de Graignes, situé à l'intérieur des terres, à 30 kilomètres de Carentan. Car c'est un épisode peu connu de la Bataille de Normandie qui s'est déroulé là…
Graignes, "le Fort Alamo" normand
Dans l’immense fresque du Débarquement du 6 juin 1944, certains épisodes héroïques sont restés longtemps dans l’ombre. L’un des plus remarquables est celui de Graignes, un petit village du marais normand situé au sud-ouest de Carentan.
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, alors que les Alliés lancent le Débarquement en Normandie, la mauvaise météo et les tirs allemands dispersent de nombreux avions de parachutistes. Ceux de la 82e division aéroportée américaine sont largués par erreur à une trentaine de kilomètres de leur objectif, près du village de Graignes. Environ 180 hommes, isolés derrière les lignes ennemies, se regroupent sous le commandement du major Charles D. Johnston.

Sortie en chute du Dakota "Gruesome" durant un des quatre largages sur Graignes. Photo Isabelle Dreysse
Avec l’aide précieuse des habitants, qui leur fournissent nourriture, renseignements et assistance, les parachutistes décident alors de transformer Graignes en position défensive. Pendant plusieurs jours, Français et Américains coopèrent dans l’espoir de contribuer à la libération de la région.
À partir du 10 juin, les Allemands repèrent la présence américaine et lancent plusieurs attaques contre le village. Malgré leur infériorité numérique, les parachutistes résistent avec acharnement face aux forces de la redoutable 17e division SS Panzergrenadier. Après plusieurs jours de combats, manquant de munitions et sans espoir de renforts, ils sont contraints d’abandonner leurs positions et de tenter de s’échapper à travers les marais.
La bataille se termine tragiquement. Plusieurs prisonniers américains sont exécutés et des habitants ayant aidé les parachutistes sont fusillés. Le village est en partie détruit. Malgré ces pertes, la résistance de Graignes retarde des unités allemandes qui auraient pu être engagées contre les forces alliées progressant vers Carentan.

Des chuteurs sont récupérés en jeep par une reconstituante, après l'atterrissage à Graignes. Photo Bruno Passe
Longtemps méconnu, cet épisode est devenu le symbole du courage partagé entre soldats américains et civils normands. Le film intitulé "7 jours en juin", sorti en 2025, a contribué à faire connaître cette histoire singulière de la Bataille de Normandie.
Alors, le 5 juin 2025, les parachutistes qui ont eu la possibilité de prendre part à un de ces quatre largages de Dakota se sont dit que ce plan B était finalement lui aussi une double chance. Celle de sauter - quand même - pour ce 82e anniversaire, et celle de découvrir et de commémorer Graignes, tout en remettant, on l'espère, Bernières-sur-Mer / Juno Beach à une prochaine fois.
Organisation franco-américaine
Texte par Tommy Papatango
Pour la troisième année consécutive la collaboration franco-américaine entre Icehopp LLC. et Kesa'co Parachutisme a proposé un parcours découverte sous voile de nos terres normandes pour la commémoration du 82e anniversaire du débarquement de Normandie. Cette année Primetime Skydiving avait notamment ramené un petit bataillon de vedettes du parachutisme des zones de Perris et Lake Elsinore, en Californie, passionnés par le D-Day, et impatients de dévorer notre programme !
Tout commence lundi à bord du Guerveur, un petit paquebot des années soixante amarré sur la presqu'île de Caen, Magisches Theater à la hauteur des rappels historiques qui s'imposent, puis état-major pour s'occuper des formalités administratives et de sécurité.
Dès le lendemain nous réalisons un premier saut sur Omaha Beach et (sûrement) un record d'étoile VR7 sur ce lieu. Nous atterrissons devant la stèle Charles N. Shay, là où ce fameux army-medic, chef Penobscot amérindien, avait débarqué avec Big Red One aux premières heures du débarquement. Nous nous recueillons ensuite au cimetière américain que nous avions survolé sous voile.
Le lendemain nous atterrissons sur le stade communal de Bretteville-sur-Odon, lors d'une cérémonie organisée par l'association des anciens combattants, qui marque la libération de la ville (et de l'aéroport qui nous sert de DZ) par les forces canadiennes. Car cette année c'est bien le Canada qui est le fil conducteur de notre aventure, avec la perspective d'un saut depuis Gruesome, le DC-3 rénové par le musée aéronautique de Bretagne, aux côtés de 60 autres parachutistes français qui ont répondu présent à notre appel.
C'est cet axe de libération canadien qui nous amène au château privé de Fontaine-Henry, où Pierre-Apollinaire d'Oilliamson — 27e héritier depuis l'an mil — nous reçoit comme ses hôtes les plus distingués, et nous transporte en rêve dans les couloirs de l'histoire. Un château de la Loire en Normandie. Les conditions météo transforment le saut prévu en pique-nique préparé par l'Assiette au Beurre à la vieille église de Thaon, qui date du XIe siècle.

Le groupe Starhopp suit l'axe de libération canadien et fait étape au château privé de Fontaine-Henry. Photo Starhopp
Jeudi, nous nous posons sur les herbus du Mont-Saint-Michel, puis un déjeuner à la Mère Poulard précède une cérémonie religieuse de bénédiction pour nous mettre sous la protection de saint Michel, le saint patron des Parachutistes depuis la guerre d'Indochine.

Après leur saut sur les herbus du Mont-Saint-Michel, des membres de Primetime Skydiving (Jon Ingy, Darryld, Michael, Jeff, Eric, Dillon) dégustent une "mousse of chocolat" façon “crotte de mouton”, réalisée par Sophie Couturon. Photo Starhopp
Les prévisions météo étant mauvaises pour le week-end, nous décidons d'avancer le saut sur Juno Beach et de le déplacer sur le site de Graignes, où la 82e division aéroportée américaine Airborne avait été larguée par erreur. Ce changement stratégique est un clin d'œil à l'art de l'adaptation qui avait caractérisé les Alliés.
Vendredi, notre nouveau Jour J, commence par un Breakfast Jump sur l'hippodrome de Caen, suivi d'un brunch à Keys&Co, en évitant de marcher sous une échelle de déménageurs entre le posé et le restaurant, sous la recommandation non superstitieuse de BASE33, un de nos participants américains.

Saut sur l'hippodrome de Caen, une des étapes du parcours "découverte sous voile" mis en place par l'organisation franco-américaine Icehopp LLC. et Kesa'co Parachutisme. Photo Starhopp
C'est vendredi après-midi que la magie de la semaine atteint son paroxysme : nous laissons le PAC 750 utilisé jusque-là pour passer sur le DC-3, autrement dit le Dakota "Gruesome" : il est tellement bien restauré qu'on dirait qu'il sort d'une faille temporelle. Son pilote, Hughes Duval, et son équipage complètent parfaitement le cachet historique de l'entreprise. Un tableau digne de "Sky-Captain and the World of Tomorrow".
Ce sont d'abord deux envolées d'ouverture automatique sous parachute rond qui ouvrent la danse, en habits d'époque, suivies des groupes Starhopp et de tous les Français qui ont pu répondre au changement de mission la veille. Ce qui se passe dans ce ciel-là dépasse la performance sportive. Une armada civile qui rassemble des parachutistes de tous les horizons et qui donne lieu à un saut d'une qualité rare, suivi d'une camaraderie au sol animée par la passion du sport et le devoir de mémoire, qui, je pense, a rendu un bel hommage à tous ceux qui ont combattu en Normandie, il y a 82 ans.

Même si le saut prévu le 6 juin 2026 sur la plage Juno n'a pas pu se faire, le groupe Starhopp, constitué de parachutistes canadiens et américains, y est venu pour rendre hommage aux soldats canadiens ayant pris part aux assauts, à cet endroit même, en juin 1944. Photo Starhopp
À Picauville, le maire saute aussi !
Le 5 juin 2026, à la veille des cérémonies du 82e anniversaire du Débarquement allié, un événement particulièrement symbolique s’est déroulé dans le ciel du Cotentin. Ludovic Mignot, maire de la commune de Picauville, dans la Manche, a effectué un saut en parachute au-dessus des marais de sa commune afin de rendre hommage aux soldats de la 82e Airborne qui participèrent à sa libération en juin 1944.
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, des milliers de parachutistes furent largués sur le Cotentin afin de sécuriser les accès aux plages du débarquement, de neutraliser les positions allemandes et de faciliter la progression des troupes alliées débarquant à Utah Beach. Plusieurs secteurs autour de Picauville furent directement concernés par ces opérations aéroportées.
Avant son saut, Ludovic Mignot avait expliqué sa motivation avec simplicité : il souhaitait rendre hommage à ces jeunes soldats qui, souvent âgés d’à peine vingt ans, avaient quitté leur pays pour combattre en Europe et permettre la libération de la France. Il s’était déclaré "très fier" de pouvoir honorer la mémoire de la 82e Airborne en sautant lui-même dans les marais de Picauville, à un des endroits où l’histoire s’est jouée, il y a plus de huit décennies.
Ancien militaire parachutiste au 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP) à Dieuze, unité des forces spéciales spécialisée dans le renseignement, l’élu n’est pas novice. Pourtant, cela faisait près de 29 ans qu’il n’avait pas sauté. "C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas", confiait-il au média La presse de la Manche, après un stage de remise à niveau effectué à l’aéroport de Maupertus, ponctué de deux sauts de qualification.
Pour cet infirmier libéral, chef du centre de secours de Picauville et sapeur-pompier volontaire depuis 34 ans, ce saut n'était pas un simple défi personnel. L’idée est venue durant les échanges avec les membres du Round Canopy Parachuting Team (RCPT), qui lui ont proposé de sauter avec eux, en reconstitution.

Lors de son saut sur Picauville, Ludovic Mignot était identifiable par le drapeau tricolore fixé à sa jambe. Photo Nadia Boucé
Le symbole est d’autant plus fort que Ludovic Mignot a effectué ce saut depuis un C-47, avion mythique du Débarquement. "Monter dans cet appareil, c’est déjà un honneur. On pense forcément à ces jeunes soldats qui partaient au combat, souvent sans retour. Cela impose du respect et beaucoup d’humilité", soulignait-il pour La Presse de la Manche.
Un saut chargé d’histoire, dans un appareil bien différent de ceux qu’il a connus durant sa carrière, du C-130 Hercules au Transall C-160, en passant par les Cessna ou les hélicoptères Puma. "Le Dakota est un appareil assez rudimentaire. On se dit que pour les jeunes hommes qui sont montés dans ces avions, ce n’était pas du tout confort. Ils savaient qu’ils partaient à la guerre, qu’ils partaient pour délivrer l’Europe. Certains n’ont jamais touché le sol de France."

Sur un fond de ciel tout gris, une éclaircie apporte de jolis reflets de lumière dans les parachutes hémisphériques des reconstituants ayant sauté sur Picauville, le 5 juin 2026. Photo Nadia Boucé
Le 5 juin 2025, ils étaient des dizaines de parachutistes reconstituants à sauter en même temps que lui. Une fois sous son parachute hémisphérique, Ludovic Mignot était identifiable par le drapeau tricolore fixé à sa jambe. Au sol, sa famille était présente pour assister à l’événement et l'accueillir.
"C’est une manière de montrer que le devoir de mémoire est essentiel sur notre territoire, mais aussi que je reste pleinement engagé pour ma commune" concluait Ludovic Mignot.
Dans une région où l’histoire du Débarquement demeure très présente, cette initiative rappelle le courage et le sacrifice de ceux qui ont combattu pour la liberté. Au-delà de l’hommage rendu aux soldats américains, elle permet de donner une dimension concrète au devoir de mémoire.
Par ce geste fort, le maire de Picauville souhaite établir un lien entre les générations actuelles et les combattants de 1944, soulignant que la liberté dont bénéficie aujourd’hui l’Europe reste indissociable de l’engagement des milliers de soldats alliés qui ont participé à sa libération.

Ludovic Mignot (à gauche sur la photo) a quitté sa tenue de parachutiste pour sa tenue de maire, afin de prendre part à une cérémonie au Monument de la 90ᵉ Division d’infanterie américaine à Picauville. Les nombreux participants, dont Yohann Letouzé, maire de Sainte-Mère-Église, d'autres élus et des militaires américains et allemands, s'y sont rassemblés autour du devoir de mémoire. Photo Nadia Boucé
À lire également
● Le ParaMag de juillet 1994, avec l’article sur le 50° anniversaire du D-Day (page 18).
● Le ParaMag de juillet 2004, avec l’article sur le 60° anniversaire du D-Day (page 54).
● Le ParaMag de juillet 2014, avec l’article sur le 70° anniversaire du D-Day
● L'article "80° anniversaire du D-Day" paru le 4 juillet 2024.
● Après les parachutages et les crashs de C-47 dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, Picauville, comme beaucoup d'autres sites de la région, a été le théâtre de nombreuses actions : combats, actes de résistances, construction d'une infirmerie improvisée et ensuite d'un aérodrome allié. Bon nombres de ces actions sont racontées sur la page Facebook "Vivreapicauville".















